Yema dévoile la Spacegraf Heure Sidérale Tourbillon Volant, la pièce la plus complexe sortie cette année de sa manufacture de Morteau. Un disque de voûte céleste accomplit un tour par jour sidéral dans la partie haute du cadran, un tourbillon volant s’ouvre à 6 heures, et la série est limitée à 150 exemplaires numérotés, à 14 500 euros.
Les données techniques situent tout de suite la pièce : diamètre de 42 mm, épaisseur de 12,15 mm, entrecornes de 21 mm, verre saphir double dôme de 1,60 mm et étanchéité de 100 mètres. Le calibre CMM.32 à tourbillon volant est conçu et assemblé à la manufacture de Morteau, dans le Doubs. Le prix public est fixé à 14 500 euros en France, pour une série limitée à 150 exemplaires numérotés.
Boîtier en titane grade 5, 42 mm et épaisseur 12,15 mm
Le boîtier de la Spacegraf est réalisé en titane grade 5, matériau choisi pour son rapport rigidité/poids et sa résistance à la corrosion. Le diamètre est de 42 mm, un format qui vise un équilibre entre présence au poignet et portabilité quotidienne. L’épaisseur de 12,15 mm inclut le calibre et un verre saphir double dôme, offrant une lecture du cadran tout en conservant une silhouette mesurée.
Les finitions sont détaillées par la marque : flancs et cornes brossés verticalement, lunette à brossage circulaire et bords polis. Ces traitements donnent du relief au titane, limitent les reflets et renforcent l’identité instrumentale du boîtier. La couronne est elle aussi en titane et les entrecornes de 21 mm ouvrent la montre à un large choix de bracelets de rechange.
Le verre saphir est annoncé double dôme, de 1,60 mm d’épaisseur. Yema le compare à la coupole d’un observatoire : c’est par lui que l’on regarde le disque céleste, puis plus bas la cage du tourbillon. Un second saphir ferme le fond et découvre le mouvement. L’étanchéité de 100 mètres reste celle d’une montre de ville et de voyage, pas d’un instrument de plongée.
Loger un tourbillon volant et un disque mobile dans 12,15 mm d’épaisseur suppose une architecture serrée. Le choix du titane grade 5 allège l’ensemble par rapport à l’acier, ce qui compte sur une montre de 42 mm destinée à être portée et non rangée dans un coffre. Yema revendique une pièce de haute horlogerie utilisable au quotidien plutôt qu’un objet de vitrine.
Chaque exemplaire est numéroté individuellement sur 150, et le fond saphir laisse voir le calibre CMM.32 traité en bleu profond, dont les ponts sont gravés de constellations. Le rochet bleui à la flamme porte une carte de la Terre et l’inscription « CMM32 – Heure sidérale », juste au-dessus du tourbillon volant en rotation.
Calibre CMM.32 à tourbillon volant visible à 6 heures
La Spacegraf embarque le calibre CMM.32, un mouvement à tourbillon volant conçu et assemblé à la manufacture de Morteau. La cage tourne à découvert à 6 heures, sans pont supérieur, et occupe à elle seule le tiers bas du cadran. Le calibre prolonge la série maison des CMM, après les CMM.10, CMM.20 et CMM.30 montés sur les autres collections de la marque.
Le mouvement fonctionne à 21 600 alternances par heure, fréquence qui favorise une amplitude stable et une lecture mécanique traditionnelle. La construction autorise une réserve de marche exceptionnelle annoncée à 105 heures, permettant plusieurs jours d’autonomie sans remontage quotidien. Ces chiffres donnent un aperçu concret des performances attendues sur le terrain horloger.
Yema annonce une marche comprise entre moins 3 et plus 7 secondes par jour, une fourchette cohérente pour un tourbillon de manufacture. Il faut noter que la carte du ciel n’est pas portée par la cage du tourbillon : le disque de voûte céleste occupe la partie haute du cadran, à 12 heures, tandis que le tourbillon volant s’ouvre à 6 heures. Les deux éléments tournent à des rythmes complètement différents.
Le tourbillon volant se passe de pont supérieur : la cage n’est tenue que par le dessous, ce qui dégage entièrement la vue sur l’organe réglant. Le procédé est plus exigeant à construire qu’un tourbillon classique, mais il libère de la hauteur sous glace, un gain précieux quand il faut aussi loger un disque mobile dans la partie haute du cadran.
Le positionnement du calibre CMM.32 dans la gamme Millésime confirme la volonté de Yema de développer en interne des calibres complexes, tout en contrôlant assemblage et ajustages au sein de sa manufacture de Morteau. Ce cadre industriel est mis en avant par la marque pour appuyer l’authenticité horlogère de la montre.
Un disque de voûte céleste qui fait un tour par jour sidéral, soit 23 h 56 min 4 s
La Spacegraf se distingue par un disque de voûte céleste tournant à la cadence de l’heure sidérale, soit un jour sidéral de 23 heures 56 minutes et 4 secondes. Ce dispositif place la montre dans une niche astronomique, où le système de rotation suit la progression apparente des étoiles plutôt que le cycle solaire civil.
Le disque porte une carte du ciel entraînée par le rouage du calibre CMM.32. Il montre donc, à tout instant, les étoiles réellement présentes au-dessus de l’observateur, et non une heure supplémentaire à déchiffrer. Les index sont fusionnés dans des anneaux en relief et les pistes des secondes reçoivent un brossage circulaire qui encadre l’ensemble.
Obtenir cette rotation impose des rapports d’engrenage précis : le jour sidéral est plus court de 3 minutes et 56 secondes que le jour solaire de 24 heures, un écart qui vient du déplacement de la Terre sur son orbite. Sur une année entière, ce décalage finit par représenter un tour complet, ce qui explique que le ciel d’une même heure change de visage au fil des saisons.
Le récit revendiqué par la marque s’appuie sur un lieu précis : l’Observatoire de Besançon, créé en 1878 pour que les horlogers de la région puissent régler leurs montres sur les étoiles. La Spacegraf reprend ce geste à l’échelle du poignet, en faisant tourner un disque au rythme du ciel réel plutôt qu’à celui de l’horloge civile. L’ancrage régional n’est pas un habillage marketing tardif : Morteau et Besançon sont à une cinquantaine de kilomètres l’une de l’autre.
La combinaison d’un tourbillon et d’un affichage sidéral place la Spacegraf dans une catégorie rare à ce niveau de prix, et tire parti de la mécanique pour transformer un instrument de mesure du temps en objet d’observation céleste portable.
Performances : 21 600 alternances par heure, 105 heures de réserve, moins 3 à plus 7 secondes par jour
Les performances annoncées de la Spacegraf sont explicites : fréquence de 21 600 alternances par heure, réserve de marche de 105 heures et précision annoncée entre moins 3 et plus 7 secondes par jour. Ces chiffres fournissent un cadre de référence technique pour évaluer la montre face à ses concurrentes directes.
Les 105 heures annoncées représentent plus de quatre jours de marche, de quoi reposer la montre un week-end entier sans avoir à la remonter ni à remettre le disque céleste à sa place. Sur un mouvement à remontage manuel équipé d’un tourbillon, dont la cage consomme de l’énergie en permanence, cette autonomie constitue le chiffre le plus remarquable de la fiche technique.
La fréquence de 21 600 alternances, standard pour de nombreuses montres de belle horlogerie, privilégie la stabilité et la durabilité des réglages. La précision annoncée −3/+7 s/j place la montre dans une tolérance stricte pour un tourbillon, en phase avec les objectifs d’une manufacture voulant maîtriser ses régulateurs.
La fréquence de 21 600 alternances par heure, soit 3 Hz, reste celle que retiennent la plupart des tourbillons : une cadence plus lente ménage l’organe réglant et facilite l’obtention d’une longue réserve de marche. Le compromis se paie sur la précision instantanée, mais la fourchette annoncée par Yema reste dans les clous de ce que proposent les manufactures sur ce type de complication.
Sur le marché, ces performances et cette combinaison de complications expliquent en partie la tarification et la justification technique d’une édition limitée à 150 exemplaires, ciblant des collectionneurs recherchant un mélange rare de mécanique et de thème scientifique.
Design : cadran noir sablé PVD, index et Super-LumiNova BGW9
Le cadran de la Spacegraf est décrit comme noir sablé traité PVD, offrant une texture et une profondeur visuelle qui mettent en valeur le tourbillon et le disque céleste. Les index et aiguilles sont garnis de Super-LumiNova BGW9 pour assurer une lecture nocturne cohérente avec le thème astronomique.
Le contraste entre la finition sablée et les éléments lumineux crée une lisibilité étudiée, surtout autour du tourbillon à 6 heures. Le traitement PVD renforce la durabilité de la teinte et la résistance aux micro-rayures, choix pertinent pour une montre en titane destinée à être portée fréquemment.
Le disque de voûte céleste est protégé par un fin verre saphir dégradé, du fumé au transparent, qui l’isole visuellement du reste du cadran. Index et aiguilles sont taillés dans des blocs massifs de Super-LumiNova BGW9 Grade X1 : ils brillent dans toute leur épaisseur, et le disque céleste s’illumine lui aussi la nuit tombée.
Le boîtier brossé et les bords polis de la lunette encadrent le cadran en soulignant les variations de lumière, renvoyant aux surfaces des engins spatiaux contemporains. Le design cherche un équilibre entre instrument scientifique et montre de collection.
Enfin, les aspects pratiques sont confirmés par la largeur d’entrecorne de 21 mm et le choix d’un bracelet en cuir noir, permettant un ajustement confortable et une esthétique cohérente avec la dominante sombre du cadran.
Édition limitée à 150 pièces, bracelet cuir et prix de 14 500 euros
La Spacegraf est produite en édition limitée à 150 exemplaires numérotés, positionnement qui encadre la rareté et la distribution. Le bracelet livré est un cuir noir muni d’une boucle ardillon en titane grade 5, un choix qui reprend le matériau du boîtier pour cohérence et légèreté.
Le prix public est de 14 500 euros sur la boutique française de la marque, et de 16 000 dollars sur sa boutique américaine. À ce niveau, la Spacegraf se compare à des tourbillons suisses d’entrée de gamme qui n’offrent généralement ni complication astronomique ni calibre maison, ce qui constitue l’argument central de Yema pour justifier le positionnement.
Yema n’en est pas à son premier rendez-vous avec l’espace. Le 24 juin 1982, Jean-Loup Chrétien décolle de Baïkonour à bord de Soyouz T-6 pour la mission PVH et devient le premier Français à voler dans l’espace, une Yema Spationaute I au poignet. La marque en a fait depuis un marqueur d’identité, décliné de la Spacegraf d’entrée de gamme à cette pièce de haute horlogerie.
La présentation officielle le 21 octobre 2026 marque le calendrier de lancement et permet d’anticiper la disponibilité en boutiques sélectionnées et en ligne. Dans ce contexte, l’offre se distingue par sa combinaison de complications et son ancrage manufacturier à Morteau.
Pour les acheteurs potentiels, les éléments décisifs resteront le calibre manufacturé, la complication sidérale rare, la construction en titane et la limitation à 150 pièces, autant d’arguments qui justifient le positionnement tarifaire et l’intérêt des amateurs avertis.
Sources
