Présenté à la foire de Bâle en 1999, le Datograph a marqué une étape décisive pour A. Lange & Söhne, cinq ans seulement après la première collection de 1994. Ce chronographe en platine, référence 403.035, embarquait un mouvement conçu et fabriqué dans la manufacture, chose rare à la fin des années 1990, avec une grande date, une fonction flyback et un compteur des minutes à saut instantané.
Le caractère remarquable du modèle tient à sa mécanique et à son dessin, qui combinent la grande date typique de la maison, une fonction flyback et un compteur des minutes à saut instantané. Le Datograph a été rapidement perçu par la marque comme une référence pour la mesure des temps courts, ouvrant la voie à une lignée de chronographes dotés de mouvements dédiés.
Datograph présenté en 1999 : genèse et lancement à Bâle
Le Datograph a été dévoilé à la foire de Bâle en 1999, dans un boîtier en platine de 39 mm pour 12,8 mm d’épaisseur, référence 403.035. La maison en a fait la vitrine de ses nouveautés, au moment où elle s’installait sur la scène internationale.
Le lancement intervient cinq ans après la première collection de 1994, moment qui a confirmé la renaissance de la marque après la réunification allemande. Le Datograph a été pensé comme un manifeste technique pour A. Lange & Söhne, destiné à démontrer la capacité de la manufacture à concevoir des complications de très haute volée.
Cette première génération est restée au catalogue jusqu’en 2011. En 2012, la maison a présenté le Datograph Up/Down, référence 405.035 : boîtier porté à 41 mm, calibre L951.6, 60 heures de réserve de marche et un indicateur de réserve de marche, l’« Up/Down » qui lui donne son nom.
Calibre L951.1 : 405 composants, tout fabriqué à Glashütte
Le cœur technique du Datograph est le calibre L951.1, à remontage manuel, développé et fabriqué en interne. Il compte 405 composants et illustre la règle que s’est donnée la manufacture : à chaque modèle son mouvement, plutôt qu’une base achetée puis adaptée.
Le L951.1 associe une transmission par roue à colonnes, une fonction flyback et un compteur des minutes à saut instantané, caractéristiques recherchées par les connaisseurs pour la précision des mesures courtes. L’architecture du mouvement a été soulignée pour sa complexité et sa finition, éléments devenus signatures de la maison.
À la fin des années 1990, rares étaient les maisons capables de concevoir leur propre chronographe : beaucoup partaient d’ébauches achetées à l’extérieur. Qu’une manufacture relancée cinq ans plus tôt y parvienne a constitué un signal fort pour toute l’industrie.
Design du cadran : grande date, triangle équilatéral et compteurs
Le visage du Datograph combine fonctionnalité et composition graphique. La grande date en double guichet est positionnée à midi et devient un point d’ancrage visuel majeur, associé aux deux compteurs disposés sous l’axe central pour dessiner un triangle équilatéral avec la date.
Le choix d’abaisser légèrement les deux cadrans auxiliaires crée un équilibre typographique et facilite la lecture des temps courts. La petite seconde à neuf heures et le compteur des minutes à trois heures sont contigus sous l’axe central, offrant une lisibilité optimisée pour les mesures chronométriques.
Les contrastes chromatiques employés, par exemple cadrans auxiliaires plus clairs sur un fond sombre, participent à l’identité visuelle forte du modèle. Le cadran n’est pas seulement esthétique, il traduit des options ergonomiques précises consacrées à la lecture du temps mesuré.
Impact industriel : manufacture saxonne installée à Glashütte
Le Datograph a consolidé la position de la manufacture saxonne installée à Glashütte, en démontrant la capacité locale à produire des complications comparables aux plus grandes maisons suisses. Ce positionnement a renforcé la filière horlogère régionale et la visibilité de la ville dans les réseaux de haute horlogerie.
Depuis 1994, la manufacture revendique plus de 70 calibres conçus et fabriqués chez elle. Le Datograph a servi de référence aux projets suivants, en particulier dans la famille des chronographes.
Sur le plan commercial, le modèle a contribué à faire des chronographes l’un des piliers de la marque. Le Datograph a façonné une attente chez la clientèle pour des montres alliant finition artisanale et solutions mécaniques inédites, ce que la manufacture a cultivé ensuite.
https://lesmontrescollector.fr/2026/07/06/a-lange-sohne-force-aujourdhui-les-geants-suisses-du-luxe-a-revoir-leurs-certitudes-sur-la-haute-horlogerie/
Évolution technique : rattrapantes, Double Split 2004 et Triple Split 2018
La spécialité de la maison pour les chronographes à rattrapante se lit comme une continuité du Datograph. Le terme rattrapante désigne la seconde aiguille permettant des mesures comparatives jusqu’à 60 secondes, pouvant être arrêtée puis resynchronisée avec l’aiguille principale.
La Double Split, lancée en 2004, est célèbre pour être la première montre à double rattrapante de l’histoire, avec un compteur des minutes à rattrapante étendant les comparaisons au-delà d’une minute. Ce développement prolongeait l’approche de mouvements dédiés inaugurée par le Datograph.
La Triple Split, dévoilée en 2018, a porté l’ambition plus loin en ajoutant des compteurs d’heures à rattrapante, permettant des mesures comparatives jusqu’à douze heures. Cette évolution illustre la recherche continue de l’extension fonctionnelle des chronographes chez la manufacture.
Depuis 1999, la maison a développé 13 montres dotées d’une fonction chronographe, réparties en quatre familles : moderne classique avec le Datograph et le 1815 Chronograph, moderne sportif avec l’Odysseus Chronograph, traditionnel classique avec la 1815 Rattrapante et très traditionnel avec la Grand Complication.
Sources
