La Jaeger-LeCoultre Duomètre Grande Complication à Grande Sonnerie, référence Q603H480, est une pièce unique présentée le 9 septembre 2026. Elle réinterprète le calibre 182 de la manufacture : environ 1 300 composants, quatre timbres et quatre marteaux pour jouer la sonnerie Westminster, la mélodie du carillon de Big Ben.
Jaeger-LeCoultre n’a pas communiqué de prix. La montre reprend la logique Duomètre, concept inventé par la manufacture en 2007, et réunit quinze complications, dont un tourbillon volant visible par le fond, avec plusieurs évolutions destinées à améliorer l’acoustique et la robustesse du mouvement.
Calibre 182 réinterprété : 1 300 composants et huit brevets
La nouvelle Duomètre reprend le calibre 182, apparu en 2009 dans la Hybris Mechanica à Grande Sonnerie, et le fait évoluer. Le mouvement compte environ 1 300 composants et rassemble 15 complications. Il fait l’objet de huit brevets, dont six propres au calibre 182, et conserve le principe Duomètre : deux sources d’énergie séparées pour que la sonnerie ne perturbe pas la marche de l’heure.
Le dossier technique signale neuf finitions distinctes et 87 heures d’anglage à la main appliquées à 251 composants. Le mouvement réunit sablage, perlage, colimaçonnage, rubis et vis noyés, côtes de Genève soleil, polissage plat et brossages linéaire et circulaire.
Les chiffres rappellent l’ampleur du projet : plus de cinq ans de recherche et développement avaient précédé le calibre 182 d’origine. Cette nouvelle version se concentre sur la qualité acoustique de la sonnerie et sur la robustesse du mouvement.
La montre, référence Q603H480, est une pièce unique. Un neuvième brevet protège le mécanisme de réglage fin de sa boucle déployante, qui permet d’ajuster le bracelet au poignet. Le prix n’a pas été communiqué lors de la présentation.
Sonnerie Westminster : quatre timbres, quatre marteaux et une mélodie de 24 notes
La Duomètre Grande Complication à Grande Sonnerie reproduit la sonnerie Westminster avec quatre timbres et quatre marteaux, au lieu des deux timbres habituels, pour jouer les notes mi, do, ré et sol, organisées en cinq phrases. Particularité voulue par les horlogers : en grande et en petite sonnerie, la mélodie des quarts sonne d’abord, puis les heures. La répétition minutes, elle, suit l’ordre classique heures, quarts, minutes. En grande sonnerie, la mélodie de l’heure compte 24 notes, l’une des plus longues jouées par une montre à sonnerie.
Selon la fiche technique, le barillet de sonnerie fournit l’énergie de 616 notes en mode grande sonnerie, ce qui représente 7 heures 30 de sonnerie continue. En mode petite sonnerie, il en fournit 992, l’équivalent de 32 heures.
Pour améliorer le son, Jaeger-LeCoultre a allongé les timbres, affiné leur fixation et leur accordage et modifié leur forme. La boîte intérieure et la lunette du fond sont désormais en titane. Chaque frappe produit un accord : grâce à la nouvelle forme des timbres, les horlogers peuvent régler la note fondamentale et aussi les six autres notes qui composent cet accord, là où l’accordage ne joue habituellement que sur la fondamentale.
Parce qu’un mécanisme de sonnerie craint les fausses manœuvres, la montre dispose d’un sélecteur de mode affiché à 6 heures : G pour grande sonnerie, P pour petite sonnerie, S pour silence et M pour la mise à l’heure. Le mode choisi neutralise les autres. Nouveauté de cette version, une sécurité empêche de relancer la répétition minutes avant que le mécanisme se soit réarmé à la fin de la séquence précédente.
Deux mécanismes en forme de tour pilotent les mélodies. Le tour d’entraînement de sonnerie, visible côté cadran entre 8 et 9 heures, compte 22 composants pour une hauteur de seulement 6,04 mm. Le second, surnommé « tour infernale » par les horlogers de la maison, empile cinq limaçons et gère les six combinaisons des quatre notes.
Architecture Duomètre : deux barillets indépendants et un troisième pour la répétition
Le concept Duomètre, inventé par Jaeger-LeCoultre en 2007, répond à un problème de fond : alimenter régulièrement la mesure du temps tout en fournissant les à-coups d’énergie qu’exigent les complications. Il associe deux barillets, chacun avec son propre rouage, reliés à un seul organe régulateur.
Dans le calibre 182, un barillet alimente l’heure et le quantième perpétuel, l’autre les fonctions de sonnerie, si bien que celles-ci n’ont aucun effet sur la précision. S’y ajoute un troisième barillet : il remplace l’armement par tirette de la répétition minutes, déclenchée ici par un poussoir dans la couronne.
Le quantième perpétuel affiche la date, le jour et le mois par des indications rétrogrades, et l’année bissextile dans un guichet numérique à 12 heures. S’il reste remonté, il ne demande aucun réglage avant 2100, année séculaire non bissextile.
Les indicateurs de réserve de marche sont doublés, un par barillet principal. La réserve de marche est de 48 heures pour l’heure et le calendrier. La montre se remonte à la main.
Cette séparation des énergies est au cœur de la construction : c’est elle qui permet d’associer le tourbillon volant, le quantième perpétuel et une sonnerie qui frappe automatiquement chaque quart d’heure, en passant.
Boîtier Grande Tradition 45 mm en titane et or rose 5N 18 carats
La montre adopte un boîtier Grande Tradition de 45 mm de diamètre et 16,16 mm d’épaisseur, une miniaturisation notable pour un calibre de 1 300 composants. Le corps de boîte est en titane, tandis que les cornes, la lunette et les poussoirs sont en or rose 5N 18 carats.
Le boîtier compte à lui seul 60 composants. Les éléments en or rose associent surfaces microbillées et polies. Le titane de la boîte intérieure et de la lunette du fond sert l’acoustique de la sonnerie.
Le cadran est plus ajouré que sur la version précédente et le cadran des heures, des minutes et du calendrier a vu son diamètre augmenter de 30 % pour améliorer la lisibilité. Il est laqué bleu-gris foncé, avec un centre brossé soleil, et porte des index appliqués en or rose 18 carats.
Le tourbillon volant est visible par le fond en verre saphir. Le bracelet en alligator noir est équipé d’une boucle déployante en or rose 18 carats, dont le mécanisme de réglage fin est breveté.
Assemblage et réglage : 16 000 opérations et un an de travail
Jaeger-LeCoultre indique qu’il faut une année entière rien que pour assembler et régler le calibre 182, avec 16 000 opérations réparties en quatre phases. Ce chiffre traduit la complexité d’un mouvement d’environ 1 300 composants.
Les quatre phases de ce travail sont l’assemblage, le démontage, les corrections et le nettoyage, puis l’assemblage final. Les 87 heures d’anglage sur 251 pièces s’ajoutent à ce long processus.
Trois poussoirs commandent l’ensemble : deux dans la carrure et un dans la couronne. Le poussoir de la couronne déclenche la répétition minutes, celui situé sous la couronne choisit le mode de sonnerie et celui situé au-dessus corrige le jour du calendrier. Les correcteurs du mois et de la date sont dissimulés entre les cornes à 12 heures.
La couronne ne se tire pas : pour remonter la montre, on choisit le mode S, qui coupe la sonnerie automatique, et pour la mettre à l’heure, le mode M. Ce choix simplifie l’usage d’un mouvement d’une grande complexité.
Fonctions et réserve : 15 complications, quantième perpétuel et tourbillon
La Duomètre rassemble 15 complications, dont la grande sonnerie, la petite sonnerie, la répétition minutes, un quantième perpétuel rétrograde et un tourbillon volant. Le calendrier ne demandera aucun réglage avant 2100 tant que la montre reste remontée.
La mélodie de l’heure comprend 24 notes. La réserve de marche de 48 heures assure l’heure et le calendrier, tandis que le barillet de sonnerie fournit 616 notes en grande sonnerie et 992 en petite sonnerie.
Le tourbillon volant, visible au dos, complète l’offre chronométrique et esthétique. Les neuf finitions du mouvement, laque bleu gris du cadran et index en or appliqué soulignent la cohérence entre technicité et lisibilité, caractéristique des pièces Grandes Complications contemporaines de la manufacture.
La pièce s’inscrit dans une histoire longue de Jaeger-LeCoultre avec la sonnerie: première répétition minutes en 1870 et plus de 200 calibres à sonnerie produits sur 156 ans, justifiant le surnom historique de la maison, celui d’horloger des horlogers. La nouvelle Duomètre prolonge cette tradition par des solutions modernes.
Pièce unique au prix non communiqué, cette Duomètre s’adresse aux collectionneurs de grandes complications et réunit le savoir-faire acoustique et le patrimoine technique de Jaeger-LeCoultre.
Sources
