Sans cadran, sans aiguilles et sans couronne : la Freak One d’Ulysse Nardin passe à l’émail bleu translucide, en 99 exemplaires

Sans cadran, sans aiguilles et sans couronne : la Freak One d’Ulysse Nardin passe à l’émail bleu translucide, en 99 exemplaires

Ulysse Nardin a dévoilé le 23 septembre 2026 deux nouvelles déclinaisons de la Freak One, plaçant l’art décoratif au premier plan sur un modèle résolument technique. Les références Freak One Blue Enamel (2403-500LE-3AE-BLUE/3A) et Freak One Guilloché (2403-500LE-4A-GUI/3A) sont proposées chacune en séries limitées à 99 exemplaires.

Ces pièces conservent l’architecture iconique de la Freak, sans couronne ni aiguilles traditionnelles, tout en introduisant des traitements esthétiques poussés : émail translucide sur le disque du barillet pour la Blue Enamel, et guilloché décoratif pour la Guilloché. Les deux montres s’appuient sur un boîtier en titane de 44 mm de diamètre et 13,3 mm d’épaisseur.

Freak One Blue Enamel et Freak One Guilloché, présentées le 23 septembre 2026

Les deux références ont été présentées le 23 septembre 2026. Elles gardent le principe de la lignée Freak : ni cadran classique, ni aiguilles, ni couronne. La Blue Enamel porte la référence 2403-500LE-3AE-BLUE/3A, la Guilloché la référence 2403-500LE-4A-GUI/3A, chacune limitée à 99 exemplaires.

Citée en 1989 au Livre Guinness des records comme la montre la plus complexe, l’Astrolabium Galileo Galilei d’Ulysse Nardin met le ciel entier au poignet

Sur la version bleue, le disque du barillet est en or blanc guilloché soleil, puis recouvert de plusieurs couches d’émail translucide : c’est la technique dite flinqué, où le décor gravé reste visible sous l’émail. Le cadran est cuit au grand feu dans l’atelier maison d’Ulysse Nardin, Donzé Cadrans, une opération à haut risque puisque l’émail peut se fissurer au four. La version Guilloché, elle, s’en tient à un disque des heures couleur sable gravé d’un motif inspiré du diamant, sans émail.

Les deux montres sont étanches à 30 mètres, ce qui suffit pour la vie courante mais les éloigne de tout usage sportif. Les index appliqués reçoivent de la Super-LumiNova blanche, et chaque version a son bracelet en caoutchouc : blanc pour la Blue Enamel, gris clair pour la Guilloché, avec boucle déployante en titane.

Ces deux séries marquent les 25 ans de la Freak. La montre originelle, lancée en 2001 et conçue par Ludwig Oechslin, affichait l’heure avec son train d’engrenages posé à plat sur la face et a lancé l’usage du silicium en horlogerie ; la Freak One de 2023 a repris ce principe sans couronne.

Boîtier titane 44 mm et finitions satinées et sablées

Le boîtier des nouvelles Freak One adopte un diamètre de 44 mm et une épaisseur de 13,3 mm, réalisé en titane pour limiter le poids. Les surfaces sont proposées avec des finitions satinées et sablées qui jouent avec la lumière sans recours à des plaquages, favorisant une lecture sobre des volumes.

La lunette tournante bidirectionnelle sert à mettre la montre à l’heure. Sa géométrie a été revue, dans l’esprit de la Super Freak, et une sécurité placée à 6 heures la verrouille pour éviter tout déréglage involontaire.

Les surfaces du boîtier, satinées et sablées, restent volontairement sobres : le contraste se joue avec le décor du disque des heures, surtout sur la version bleue, où l’émail translucide change de profondeur selon l’angle de la lumière.

Lecture du temps sans aiguilles : barillet tournant et carrousel orbital

La lecture de l’heure reprend le principe historique de la Freak : pas de cadran classique, pas d’aiguilles. Le couvercle du barillet effectue un tour en douze heures et porte un index en V pour indiquer les heures, tandis que le carrousel volant orbital effectue un tour en soixante minutes pour les minutes.

Cette organisation mécanique place la fonction temporelle directement sur la face, le train d’engrenages devenant élément visuel. L’absence de couronne n’empêche ni le remontage ni la mise à l’heure, car ces opérations sont gérées par des dispositifs intégrés à la lunette et au fond de boîtier.

Le remontage se réalise par un système breveté accessible au dos de la montre, et la mise à l’heure s’opère en tournant la lunette crantée après déverrouillage de la sécurité à 6 heures. Le dispositif demande de l’habitude mais reste cohérent avec la logique Freak.

Ce principe mécanique, rare dans l’horlogerie contemporaine, renouvelle la relation du porteur à l’objet : on lit le temps sur des éléments mobiles visibles, une approche à la fois technique et sculpturale qui rend chaque mouvement mécanique immédiatement lisible et distinctif.

Calibre UN-240 : 229 composants, 90 heures, DIAMonSIL et silicium

Les deux éditions embarquent le calibre de manufacture UN-240, automatique, composé de 229 composants et muni de 15 rubis. Ulysse Nardin annonce une réserve de marche de 90 heures, un argument pratique pour un mouvement automatique contemporain.

Le calibre oscille à 21 600 alternances par heure, soit 3 hertz. Il intègre un oscillateur et un spiral surdimensionnés en silicium, technologie que la marque a contribué à démocratiser dès la Freak originale, et une roue d’échappement en DIAMonSIL pour combiner légèreté et robustesse.

Le silicium apporte aussi l’insensibilité aux champs magnétiques, un avantage concret au quotidien. Quant au DIAMonSIL, il s’agit de silicium recouvert de diamant de synthèse, pour limiter l’usure de la roue d’échappement.

41 000 euros et 150 exemplaires maximum pour la nouvelle Freak X Gumball 3000 Edition 2 en titane DLC noir d’Ulysse Nardin

Éditions limitées à 99 exemplaires et tarifs en francs suisses

Les deux modèles sont limités à 99 exemplaires chacun. Ulysse Nardin annonce 73 000 francs suisses, soit 81 700 euros, pour la Blue Enamel, et 65 000 francs suisses, soit 72 700 euros, pour la Guilloché.

La différence de tarif reflète le recours à un travail d’émail translucide superposé pour la version bleue, un processus long et risqué qui ajoute des opérations manuelles et des contrôles qualité renforcés. La version Guilloché mise sur un décor mécanique traditionnel, lui aussi exigeant mais différent techniquement.

Reste la question du décor sur une montre aussi technique : la Freak se regardait pour sa mécanique, elle se regarde désormais aussi pour son émail. C’est le pari de ces deux séries.

Sources

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