Jaeger-LeCoultre a détaillé le 16 septembre 2026 son nouveau label maison, le High Precision Guarantee (HPG), apparu en avril au salon Watches and Wonders de Genève avec la collection Master Control Chronometre. Chaque montre certifiée passe trois jours sur une machine conçue sur mesure, qui combine chocs, changements de position et variations de température, et doit réunir au moins six techniques de finition traditionnelles. Le sceau HPG est apposé sur son fond.
La Master Control Chronometre a servi de vitrine à ce label, présenté en avril à Watches and Wonders. Jaeger-LeCoultre annonce maintenant son extension progressive à toutes ses collections à partir de 2027.
Trois jours de tests sur une machine conçue sur mesure
https://lesmontrescollector.fr/2026/09/13/la-pendule-atmos-de-jaeger-lecoultre-puise-son-energie-dans-les-variations-de-temperature-et-tourne-presque-indefiniment-sans-pile-ni-remontage/
Le cœur du dispositif est une machine HPG développée sur mesure. Plutôt que d’évaluer chaque paramètre isolément, elle soumet la montre à des cycles où plusieurs contraintes s’appliquent en même temps : positions fixes, mouvements dans plusieurs directions, chocs et changements de température. Ce protocole dynamique intégré fait l’objet d’une demande de brevet.
Le test dure trois jours. Les deux premiers enchaînent des cycles d’usure dynamiques qui reproduisent des journées actives de semaine. Le troisième, la montre entre dans un cycle de « repos stabilisé », en position fixe, comme une montre posée le week-end. Jaeger-LeCoultre veut ainsi vérifier sa précision dans des conditions proches du porter réel, loin des conditions idéales d’un laboratoire.
Protocole HPG : altitude, chocs, positions et température
Le protocole repose sur quatre conditions : l’altitude, les chocs, les positions et la température. Le test d’altitude, réalisé sur le calibre seul, simule les variations de pression atmosphérique entre le niveau de la mer et 1 004 mètres, l’altitude de la Manufacture au Sentier, dans la vallée de Joux.
Les trois autres tests se déroulent sur la montre entièrement assemblée. Les chocs multidirectionnels vont de 25 G à 50 G, appliqués selon plusieurs positions standardisées. Le test des positions alterne des périodes de mouvement dans plusieurs positions et des phases de repos en position fixe.
Côté température, la montre passe de 18 °C, qui simule le repos, à 35 °C, qui simule une activité physique. Ces variations sont intégrées aux cycles dynamiques, en même temps que les chocs et les changements de position.
C’est la principale différence avec la certification chronomètre du COSC, qui porte sur le mouvement nu. Le HPG, lui, éprouve surtout la montre complète, dans son boîtier, telle qu’elle sera portée.
Intégration du COSC et protocole HPG appliqué aux Master Control
La maison précise que chaque calibre de la collection Master Control Chronometre est d’abord certifié chronomètre par le COSC, puis soumis au protocole HPG. La démarche juxtapose l’obtention d’une certification officielle de chronométrie et un test interne plus étendu portant sur la montre équipée et finie.
Le HPG s’inscrit dans la lignée d’un autre protocole maison, le contrôle des 1 000 heures, lancé en 1992 avec la première Master Control pour vérifier la performance, la fiabilité et la qualité de chaque montre entièrement assemblée. Le COSC, organisme indépendant qui certifie les chronomètres suisses, existe quant à lui depuis 1973.
Finitions exigées : au moins six des huit techniques traditionnelles
Le HPG ne juge pas seulement la marche de la montre : il fixe aussi un niveau de finition du mouvement. Pour obtenir le sceau, une montre doit réunir au moins six des huit techniques traditionnelles retenues par la maison : anglage, brunissage, adoucissage circulaire, adoucissage linéaire, fraisures polies autour des rubis, Côtes de Genève, perlage et têtes de vis polies.
Ces décorations avaient à l’origine une fonction pratique, réduire les frottements et les reflets, avant de devenir aux XVIIIe et XIXe siècles un véritable jeu de lumière. Pour Jaeger-LeCoultre, finition et précision sont indissociables : chaque décor doit être exécuté au micron près, au service du fonctionnement du mouvement autant que de sa beauté.
Héritage technique depuis 1833 : Millionomètre et Polaris II
Pour justifier ce label, Jaeger-LeCoultre rappelle son histoire : maison fondée en 1833, invention du Millionomètre en 1844, premier instrument capable de mesurer le micron, qui a permis de fabriquer des composants et des calibres toujours plus précis.
Le nom lui-même n’est pas nouveau. En 1970, la Polaris II affichait déjà la mention « High Precision Guarantee » sur son cadran, pour signaler son calibre innovant à 4 hertz. Plus de cinquante ans plus tard, la maison reprend cette appellation pour son nouveau sceau, qu’elle étendra progressivement à ses autres collections à partir de 2027.
Sources
