Konstantin Chaykin SC02C : ce chronographe mécanique a été porté dans l’espace lors d’une sortie extravéhiculaire, une première dans l’histoire de l’horlogerie

Konstantin Chaykin SC02C : ce chronographe mécanique a été porté dans l’espace lors d’une sortie extravéhiculaire, une première dans l’histoire de l’horlogerie

Le Konstantin Chaykin SC02C n’est pas un garde-temps inspiré par l’espace mais un instrument développé pour y être porté. Conçu depuis 2018 en collaboration avec Roscosmos, le projet a conduit à des prototypes essayés à bord de la station spatiale et portés lors de sorties extravéhiculaires réelles, y compris durant une EVA de plus de six heures le 27 mai 2026.

La montre civile présentée en 2026 reprend les solutions éprouvées en orbite: verre saphir à construction reverse dovetail, protection antimagnetique 4 800 A/m, étanchéité 100 m et un bracelet rallongé pour être porté sur combinaison. L’édition est strictement limitée à 28 pièces, la disponibilité et le prix restant à confirmer par la Manufacture.

Collaboration entre Konstantin Chaykin et Roscosmos pour le SC02C

Le partenariat entre Konstantin Chaykin et Roscosmos a démarré en 2018 autour d’un cahier des charges opérationnel: créer un chronographe mécanique apte aux sorties extravéhiculaires. Les équipes ont confronté des contraintes de température, pression et vibrations propres aux missions orbitales et adapté des solutions horlogères à ces exigences techniques.

Pendant que les grandes maisons suisses regardaient ailleurs, la Joker de Konstantin Chaykin est devenue la montre la plus virale du moment

Les prototypes envoyés à la station spatiale en 2021 et renvoyés en 2022 ont servi de bancs d’essai réels. L’observation directe des conditions au poignet des cosmonautes a permis d’identifier des points faibles et d’orienter les évolutions du boîtier, du verre et des composants internes vers une robustesse accrue.

La collaboration a impliqué des ingénieurs de vol et des techniciens de la Manufacture, qui ont documenté les performances pendant les EVA. Les retours des cosmonautes ont conduit à des modifications concrètes du design et des procédures d’emboîtage, renforçant la crédibilité opérationnelle du SC02C.

Sur le plan industriel, ce partenariat distingue le projet de nombreuses initiatives spatial-inspired en offrant une chaîne de validation validée par des personnels de vol. L’engagement de Roscosmos confirme la vocation utilitaire du chronographe plutôt que son seul caractère symbolique.

Tests en conditions réelles: quatre sorties extravéhiculaires jusqu’en 2026

Les montres issues du projet ont déjà participé à quatre sorties extravéhiculaires, avec des enregistrements opérationnels précis. Une des missions majeures a eu lieu le 27 mai 2026, quand des cosmonautes ont porté des générations du dispositif pendant plus de six heures au dehors de la station, ce qui a fourni des données concrètes sur la tenue du mécanisme et du boîtier.

Les essais en orbite ont complété des batteries de tests au sol – centrifuge, vibrations, chocs et cycles thermiques extrêmes – afin d’anticiper les charges subies en EVA. Le comportement du verre, des joints et de la lubrification du calibre a été évalué sur longue durée pour garantir une fiabilité macro et micro-mécanique.

Ces sorties réelles ont mis en lumière des contraintes spécifiques, notamment l’accumulation de micro-dépôts sur les composants et l’influence des variations de pression autour de 1 10-6 atmosphères sur la tenue du verre. Les résultats ont directement informé le choix de la construction reverse dovetail du saphir.

Les données opérationnelles issues de ces quatre EVA distinguent le SC02C des autres chronographes contemporains, car les ajustements ont été faits à partir d’observations en conditions extrêmes plutôt que sur simulations uniquement.

Caractéristiques techniques clés: calibre K.20-5, antimagnetisme 4 800 A/m

Le calibre K.20-5 est au cur du projet, reprenant des solutions éprouvées pour résister à la variabilité thermique et aux vibrations. La manufacture a valorisé une architecture robuste, inspirée en partie de mouvements historiques comme le Poljot 3133, tout en adaptant matériaux et finitions aux contraintes orbitales.

La montre présente une protection antimagnetique mesurée à 4 800 A/m, chiffrage fourni par les essais. Ce niveau de blindage vise à préserver l’oscillateur mécanique dans un environnement où champs et équipements électroniques cohabitent, garantissant une chronométrie stable lors d’une sortie extravéhiculaire.

La construction du boîtier a été pensée pour résister au vide, cité à 1 10-6 atmosphère dans les spécifications de test, et pour reprendre les charges d’impact et de vibration rencontrées au décrochage et à l’accrochage des outils. L’étanchéité annoncée est de 100 m, utile pour la sécurité du mécanisme en cas d’environnement humide sur Terre.

La Manufacture a privilégié la remontée à la main, choix technique favorisant la simplicité mécanique en milieu extrême. Le calibre K.20-5 est présenté comme une évolution moderne destinée à l’usage professionnel, tout en restant compatible avec un port civil quotidien.

Verre saphir ‘dovetail’ et bracelet étendu pour combinaisons Orlan

Une des innovations visibles du SC02C est le verre saphir utilisé en construction reverse dovetail, conçu pour empêcher le verre d’être expulsé lors de variations rapides de pression ou de chocs. Ce détail provient directement des retours en vol et des essais de chambre simulateur de vide.

Le boîtier se présente avec un diamètre revendiqué de 44mm, compromis entre lisibilité et ergonomie pour être porté sur la surface d’une combinaison spatiale. Ce format vise à assurer une lecture rapide des indications chronographiques lors des opérations en EVA sans gêner la mobilité du poignet.

Les deux bracelets fournis incluent une version rallongée, spécifiquement conçue pour être enfilée sur la combinaison Orlan. Cette option n’est pas cosmétique: elle répond à une exigence opérationnelle identifiée lors des sorties précédentes et confirme l’orientation professionnelle du projet.

La présence d’une option textile renforcée et d’une boucle compatible sur combinaison illustre la volonté d’offrir une montre utilisable par des cosmonautes, tout en restant acceptable pour un collectionneur sur Terre.

Edition limitée 28 pièces, disponibilité civile révélée à Geneva Watch Days 2026

Dévoilé au Geneva Watch Days 2026, le SC02C est proposé en édition 28 exemplaires pour le marché civil. Cette limitation confirme le caractère expérimental et rare de la montre, liée à la nature même des tests en orbite et au suivi post-mission que la Manufacture entend maintenir.

La montre reprend les solutions testées en orbite, mais elle est revendiquée pour un usage quotidien sur Terre, l’objectif étant de recueillir des retours d’utilisateurs civils pouvant éclairer les prochaines itérations. Le prix n’a pas été communiqué officiellement lors du lancement, il est à confirmer par la Maison.

Pour les collectionneurs, posséder une des 28 pièces porte la singularité d’un instrument ayant participé à des EVA réelles. Le caractère limité alourdit l’attractivité mais pose aussi la question du suivi technique et des services après-vente pour un objet issu d’un programme opérationnel.

Sur le plan du marché 2026, cette initiative pourrait créer une niche d’instruments certifiés par une pratique spatiale réelle. Les observateurs noteront le contraste entre les montres seulement inspirées par l’espace et le SC02C, qui revendique une filiation opérationnelle directe.

Sources

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