Roger Dubuis dévoile l’Excalibur The Kabuto Legacy, une pièce de haute horlogerie inspirée par les chefs militaires du début du XVIIe siècle. Le modèle rassemble douze miniatures de casques kabuto en or, un centre évoquant le château d’Edo et un boîtier de 45 mm en or rose, présenté en édition limitée à 28 pièces. Le prix communiqué par la presse est de 384 000 $, soit ≈ 353 000 € au taux courant.
L’approche de la Maison mêle métiers d’art et storytelling, avec une collaboration historique pour assurer la fidélité des griffes et blasons reproduits. Le calibre utilisé est le RD821, certifié par le Poinçon de Genève. Le dossier technique et la finition font appel à techniques manuelles et traitements en couleur, mettant en tension héritage japonais et savoir-faire genevois.
Roger Dubuis présente Excalibur The Kabuto Legacy, 28 pièces
La montre, référencée RDDBEX1139, est proposée en une édition boutique limitée à 28 pièces, chiffre volontaire qui renforce la rareté et l’attraction pour les collectionneurs. La taille est annoncée à 45 mm de diamètre, boîtier en or rose, un gabarit conforme aux codes contemporains de la ligne Excalibur. La Maison réserve ce type de pièces aux boutiques et à une clientèle internationale très ciblée.
La disponibilité limitée s’accompagne d’une stratégie de présentation en vitrines et salons privés, où chaque exemplaire peut être montré dans son intégralité de métiers d’art. Le positionnement tarifaire, rapporté à 384 000 $, place ce modèle parmi les pièces les plus onéreuses de la manufacture, ménageant un discours sur l’investissement esthétique autant que technique.
Sur le plan commercial, l’édition limitée s’inscrit dans la continuité des séries sculpturales de la Maison, dont la collection Knights of the Round Table. Le choix de 28 exemplaires signale aussi une ambition de maintien de valeur sur le marché secondaire, un critère clé pour les acquéreurs de montres d’exception.
Enfin, la communication autour du lancement met en avant la coopération avec un conseiller historien pour légitimer le thème culturel, une précaution devenue essentielle quand une marque emprunte des symboles historiques.
Design : 12 kabuto en or 18 carats autour d’Edo Castle
Le cadran remplace les index par douze micro-sculptures, des kabuto en or 18 carats, chacune inspirée d’un chef célèbre, comme Tokugawa Ieyasu, Honda Tadakatsu et Date Masamune. Chaque casque arbore un maedate reproduisant des éléments historiques reconnaissables, par exemple des bois de cerf ou un croissant de lune.
Au centre, Roger Dubuis a reconstitué une interprétation abstraite d’Edo Castle, assemblée en 17 éléments mêlant or rose, traitement PVD noir et revêtement CVD bleu profond. Le bleu renvoie à la teinture indigo utilisée dans les textiles des samouraïs, un choix chromatique réfléchi qui ancre l’objet dans une palette culturelle spécifique.
La lecture du cadran appelle une observation soutenue: chaque kabuto est unique, gravé et poli à la main, ce qui explique la durée de fabrication et le prix. La boucle du bracelet et les coutures évoquent les carreaux d’armure, position décorative confirmant le parti pris narratif du modèle.
La face arrière complète l’histoire visuelle: les blasons des douze commandants sont laser-gravés sur une bague en or rose revêtue de bleu, entourant le fond saphir et le rotor finement décoré, un dispositif qui prolonge le récit historique sur la montre entière.
Mouvement RD821 certifié Poinçon de Genève, fréquence et réserve
Le cœur mécanique est le calibre RD821, manufacture Roger Dubuis, qui bénéficie de la certification Poinçon de Genève. Les spécifications publiées évoquent une construction intérieure pensée pour laisser place au décor, tout en respectant des critères de finition et de performance élevés.
Sur la fréquence et la réserve de marche, les comptes-rendus varient: la fréquence est communément indiquée à 4 Hz (soit 28 800 vibrations/heure) et la réserve est rapportée entre 48 et 60 heures selon les sources techniques. Ces valeurs positionnent le RD821 dans la moyenne haute des mouvements automatiques contemporains.
La montre rassemble 172 composants et subit 88 contrôles qualité avant certification, tandis que la finition met en œuvre 14 techniques différentes, d’après les données de manufacture. Ce niveau d’exigence explique les délais d’assemblage et la valeur perçue par les collectionneurs.
La présence du Poinçon de Genève assure un cahier des charges formel sur l’exécution, la décoration et la longévité, critères qui confortent un public exigeant prêt à investir des montants importants dans des pièces d’exception.
Métiers d’art : gravure, CVD bleu, 172 composants et finitions
La réalisation des kabuto exige des ateliers de gravure, micro-sculpture et polissage, compétences que Roger Dubuis centralise en interne. Les casques sont ciselés en or 18 carats puis finis manuellement, méthode qui génère un coût horaire élevé et justifie en partie le prix de la montre.
Le traitement bleu profond du centre, obtenu par dépôt CVD, renforce la lisibilité et la profondeur visuelle du cadran. L’association du PVD noir et du CVD bleu crée des contrastes maîtrisés, utilisées ici comme autant de signaux esthétiques et techniques pour renforcer l’identité samouraï du modèle.
Les chiffres de fabrication cités par la manufacture incluent 14 finitions distinctes et un flux de contrôle en 88 étapes, ce qui souligne le degré de main-d’œuvre nécessaire pour chaque exemplaire. Ces éléments tangibles expliquent la rareté et les prix pratiqués dans ce segment de haute horlogerie.
Sur le plan éthique et culturel, la marque a travaillé avec un historien pour vérifier les emblèmes et les formes, démarche qui atteste d’une volonté de respect et d’authenticité dans l’utilisation d’iconographies historiques.
Marché et collectionneurs : prix, rareté et perspectives secondaires
Avec un tarif de presse à 384 000 $ (≈ 353 000 €) et une édition de 28 pièces, l’Excalibur The Kabuto Legacy vise un marché restreint d’acheteurs fortunés et de collectionneurs thématiques. Certains observateurs anticipent une cotation secondaire soutenue, compte tenu de l’originalité et de la signature maison.
Monochrome évoque une estimation autour de 300 000 CHF, soit ≈ 285 000 €, comme fourchette d’attente alternative, rappelant que les prix peuvent varier selon les canaux commerciaux et les taxes locales. La dispersion d’estimations met en lumière la nécessité d’attendre la commercialisation pour constater la tendance réelle du marché.
Le profil d’acheteur est celui qui privilégie l’unique et le narratif: collectionneurs d’objets d’art portables, investisseurs horlogers et conservateurs de boutique. La connexion avec une thématique historique renforce l’attrait pour des cabinets de curiosités modernes et des ventes privées.
Enfin, le lancement relance la conversation sur l’usage des symboles culturels en horlogerie et sur la manière dont les manufactures gèrent l’authenticité historique, un point rendu visible par la collaboration avec le consultant historique mentionné par la marque.
Sources
