The Struthers est le nom sous lequel Rebecca et Craig Struthers signent un travail horloger artisanal établi au Royaume-Uni. Le couple a lancé son atelier en 2012 et s’est donné pour mission de relancer la tradition de la montre faite main à partir de restaurations et de fabrications sur mesure. Leur démarche combine compétences en restauration et design contemporain.
Basés historiquement dans le quartier des bijoutiers de Birmingham, les Struthers ont construit une réputation internationale en s’appuyant sur des outils et calibres anciens. Leurs pièces mêlent composants récupérés, usinage traditionnel et finitions à la main, incarnant un modèle d’horlogerie indépendante en Angleterre capable d’attirer collectionneurs et médias spécialisés.
Fondée en 2012 à Birmingham par Rebecca et Craig Struthers
Le couple a officialisé son activité en 2012, le même mois où Rebecca et Craig se sont mariés, décision relatée par la presse spécialisée. Rebecca apporte une formation en orfèvrerie et un doctorat en horlogerie, faisant d’elle l’une des figures académiques du métier en Angleterre. Craig a une longue pratique de la restauration mécanique et des motos anciennes.
Le lancement à Birmingham répondait à un choix pratique et historique, le quartier du bijou offrant un terreau industriel et des loyers plus accessibles à l’époque. L’atelier a tiré parti d’une orientation vers la restauration avant d’ouvrir la production de modèles sur commande, positionnement initial qui conditionne encore leur offre.
Dans leur parcours, les Struthers ont utilisé un prêt de démarrage de ≈ 17 500 € (prêt initial de 15 000 £), investissement employé pour collecter des machines d’époque plutôt que des équipements neufs. Cette économie a façonné une esthétique et une méthode de travail fondées sur le patrimoine matériel.
La notoriété s’est construite progressivement, par des restaurations pointues et des commissions. Le duo a accumulé plus d’une dizaine de distinctions et des passages médias, qui ont renforcé la visibilité de leur atelier et validé la viabilité commerciale d’une horlogerie faite main en Birmingham.
Atelier et outils : lathe 8 mm et héritage industriel du Project 248
Le projet nommé Project 248 illustre la volonté des Struthers de produire des éléments à la main, en s’appuyant sur de vieux tours et outils. La signature du projet est résumée par la formule « 2 Minds, 4 Hands & an 8mm Lathe », qui décrit la fabrication à petite échelle et l’usinage sur des machines modestes mais adaptées.
La collecte d’outillage ancien a été une contrainte économique initiale, puis un choix esthétique et technique. De nombreux instruments datent de 150 ans à quelques décennies, ce qui influence les méthodes d’usinage, la finition et le rapport au temps dans la production d’une montre fait main.
L’atelier est installé dans un bâtiment industriel restauré, les sources mentionnant à la fois le quartier historique de Birmingham et une implantation dans une usine du Staffordshire Moorlands, localisation qui traduit la dimension à la fois urbaine et provinciale du projet et la flexibilité logistique des Struthers.
Économiquement, la fabrication limitée par des outils traditionnels implique des cadences faibles et des coûts de main-d’œuvre élevés, mais offre une proposition unique sur le marché : des montres personnalisées issues d’un travail fait main, valorisées par la rareté et la maîtrise technique.
Méthode et calibres : restauration de Longines 320s, Valjoux 90 et mouvements anciens
La pratique principale des Struthers repose sur la restauration et l’adaptation de calibres anciens. Ils travaillent sur des mouvements de montres de poche du XIXe siècle, des Longines gravés des années 1960 et des chronographes équipés de Valjoux 90. Cette approche capitalise sur la disponibilité de mouvements historiques et leur savoir-faire en restauration.
La série Tailor-Made inclut des pièces équipées de calibres restaurés, avec des exemples concrets comme des Longines 320s des années 1960 ou des Valjoux 90 remontés, ajustés et décorés par l’atelier. Chaque calibre subit des opérations de nettoyage, repolissage et gravure selon des standards artisanaux.
Techniquement, la remise en marche de ces calibres nécessite la fabrication de pièces manquantes, l’ajustement des trains d’engrenages et la stabilisation des régulateurs, tâches réalisées sur place grâce à l’outillage historique. Le résultat est une montre dont le mouvement conserve une identité patrimoniale, certifiée par le savoir-faire des Struthers.
Sur le plan commercial, l’utilisation de calibres patrimoniaux permet de proposer des tarifs différentiels et d’attirer une clientèle de connaisseurs. Les commandes spéciales appellent des interventions longues, ce qui explique la production limitée déclarée par l’atelier.
Série Tailor-Made : trois modèles commissionnés et production limitée
La gamme Tailor-Made comprend trois types de pièces sur commission, parmi lesquelles une montre de poche en argent faite main, une montre octogonale art déco de 20 mm avec cadran guilloché, et la montre appelée The Kingsley. L’atelier précise que jusqu’à trois montres par an peuvent sortir de cette ligne, soulignant la production volontairement restreinte.
Les commandes personnalisées mobilisent la majorité des ressources de l’atelier. Chaque montre Tailor-Made intègre des éléments restaurés et des composants usinés à la main, ce qui augmente le temps de réalisation et impose des délais significatifs, une donnée importante pour les collectionneurs et revendeurs.
Les dimensions et calibres varient selon les commissions, mais l’orientation vers des boîtiers précieux et des cadrans travaillés à la main définit la valeur ajoutée du produit. La rareté et la qualité de finition sont mises en avant par l’atelier pour justifier la prestation sur mesure.
Commercialement, cette stratégie sélective a permis aux Struthers d’entretenir une clientèle fidèle et de préserver une image d’excellence artisanale, tout en maintenant une échelle d’activité compatible avec la préservation du savoir-faire traditionnel.
Impact sur l’horlogerie britannique : doctorat, formation et visibilité internationale
Rebecca Struthers est reconnue pour son parcours académique, mentionnée comme la première Britannique à obtenir un PhD en horlogerie, atout qui confère une légitimité scientifique et patrimoniale au couple. Leur démarche combine recherche, conservation et production, apportant une dimension éducative au métier.
Les Struthers ont accumulé plus d’une douzaine de distinctions et des passages dans la presse et à la radio, éléments qui ont contribué à la reconnaissance de leur travail au-delà des frontières du Royaume-Uni. Leur visibilité alimente l’intérêt pour l’horlogerie indépendante en Angleterre.
La pratique pédagogique de l’atelier passe par des démonstrations, des articles et des interventions publiques sur la restauration et la fabrication fait main. Cette activité contribue à former de futurs artisans et à maintenir une chaîne de transmission des techniques traditionnelles.
L’exemple des Struthers illustre que l’horlogerie britannique peut combiner héritage industriel et innovation stylistique, offrant un modèle viable d’entreprise artisanale, malgré les défis liés aux coûts et à la rareté des pièces historiques.
