Abordable, vénitienne et discrète : Venezianico est la marque que les collectionneurs de montres s’arrachent sans en parler depuis quelques saisons

Abordable, vénitienne et discrète : Venezianico est la marque que les collectionneurs de montres s’arrachent sans en parler depuis quelques saisons

Venezianico n’est plus seulement une curiosité de micro-marque italienne, c’est un nom qui revient de plus en plus dans les discussions de collectionneurs quand il est question de montres mécaniques abordables au look affirmé. La recette combine une identité très Venise, des collections lisibles comme Nereide ou Redentore, et une montée en gamme qui se voit dans les chiffres comme dans la technique.

La marque, basée à San Donà di Piave dans la métropole de Venise, a été fondée en 2017 par Alberto et Alessandro Morelli. Elle a d’abord décollé via une campagne de financement participatif, avant de changer de nom en 2022, puis de franchir un cap industriel en 2023 avec une production annoncée au-delà de 20 000 pièces. En 2025, elle annonce un calibre propriétaire, le V5000, et affiche une trajectoire qui intrigue, toi compris, si tu cherches une pièce italienne cohérente sans basculer dans des budgets à quatre ou cinq chiffres.

Alberto et Alessandro Morelli lancent Venezianico en 2017

Le point de départ est clair, deux frères, Alberto Morelli et Alessandro Morelli, qui fondent la marque en 2017. Avant de vendre des montres, ils passent par une phase d’apprentissage très terrain, en visitant ateliers, fournisseurs indépendants et fabricants spécialisés pour comprendre ce qui fait la solidité d’une montre mécanique. Ce détail compte, parce que beaucoup de micro-marques se contentent d’assembler une fiche technique, là où eux racontent une démarche plus structurée.

La première accélération vient du financement participatif, avec une campagne Kickstarter qui dépasse 800 000 $, soit environ 736 000 au taux indicatif de 0,92. Ce niveau de collecte n’est pas un simple coup de projecteur, c’est aussi un test de marché réussi, un indicateur qu’il existe une demande pour une proposition italienne qui assume son storytelling vénitien. Pour un collectionneur, ce passage par le crowdfunding peut rassurer sur la capacité à livrer, mais il rappelle aussi que la marque reste jeune.

Autre jalon important, le changement d’identité. La société s’appelait initialement Meccaniche Veneziane, puis adopte officiellement le nom Venezianico en 2022. Ce repositionnement a une logique simple, le nom est plus international, plus direct, plus mémorisable, et il ancre immédiatement l’origine. Quand tu vois “Venezianico”, tu comprends le lien avec Italie et la lagune sans avoir besoin d’explication.

La nuance, parce qu’il en faut une, c’est que cette jeunesse expose forcément à des débats sur la légitimité horlogère. Dans les échanges entre passionnés, certains adorent l’énergie et le rapport prix-produit, d’autres questionnent la communication ou des choix de design jugés proches de codes déjà vus. Ce n’est pas un drame, c’est même typique d’une marque en croissance rapide, mais ça t’oblige à regarder la montre pour ce qu’elle est, pas seulement pour ce qu’elle promet.

La production dépasse 20 000 montres en 2023

Le chiffre qui change la perception, c’est la production annoncée à plus de 20 000 montres en 2023. Pour une marque née en 2017, ce volume la fait sortir du statut “atelier confidentiel” pour entrer dans une catégorie plus structurée, avec des processus, des flux logistiques, une capacité à tenir des séries. Pour le collectionneur, ça peut être un avantage, disponibilité, SAV plus organisé, continuité des références, mais aussi une question, comment garder une exigence de contrôle qualité à ce rythme.

La diffusion est également large, la marque revendique une présence dans plus de 100 pays via une plateforme e-commerce et un réseau de détaillants agréés. Concrètement, ça veut dire que la montre n’est pas seulement pensée pour un public local italien. Les choix de tailles, de couleurs, de bracelets, de positionnement tarifaire répondent à des attentes globales. Et si tu collectionnes, tu sais qu’une diffusion internationale peut soutenir un marché de seconde main plus actif, même si rien n’est garanti.

En parallèle, la marque investit dans son image physique avec un atelier installé dans le Palazzo Baradel, un palais néoclassique restauré. Ce genre de lieu sert à recevoir, faire essayer, vendre, rencontrer l’équipe. Dans l’horlogerie, l’expérience compte, parce qu’une montre se juge au poignet, sur les finitions, sur la présence du cadran. Avoir un point d’ancrage réel, et pas seulement un site web, renforce la crédibilité auprès d’une partie des acheteurs.

Le revers de cette montée en volume, c’est le risque de dilution de l’ADN. Quand une marque grandit vite, elle peut être tentée de multiplier les références, les éditions, les variantes, parfois au détriment de la lisibilité. C’est là que le collectionneur doit rester lucide, toutes les sorties ne se valent pas, et la cohérence d’une collection se juge sur plusieurs années. La bonne nouvelle, c’est que les lignes principales comme Nereide et Redentore restent des repères clairs dans le catalogue.

Le calibre V5000 apparaît en 2025 avec OISA

Le tournant technique annoncé arrive en 2025 avec le lancement du V5000, présenté comme le premier calibre mécanique propriétaire de Venezianico, conçu et fabriqué en Italie. Pour une marque “abordable”, parler de mouvement propriétaire est un signal fort, parce que ça sort du schéma classique consistant à s’appuyer uniquement sur des calibres largement diffusés. Dans l’imaginaire du collectionneur, c’est un marqueur d’ambition industrielle, même si la réalité se juge sur la durée.

Le mouvement est développé en collaboration avec le fabricant italien OISA. Le projet aurait nécessité deux ans de développement, avec l’implication de l’ingénieur Fausto Berizzi, présenté comme passé par Lemania et Vaucher Manufacture. Ce type de profil, quand il est mobilisé, peut faire la différence dans la conception et l’industrialisation, tolérances, architecture, fiabilité. Pour toi, ça ne remplace pas un retour d’usage sur plusieurs années, mais ça donne une grille de lecture plus sérieuse que du simple marketing.

Ce point est important pour comprendre pourquoi la marque attire les collectionneurs, la discussion ne porte plus seulement sur “joli cadran, bon prix”, elle glisse vers “où va la marque techniquement”. Dans une collection, tu peux accepter une montre plaisir sur un calibre standard, mais tu regardes différemment une marque qui tente un mouvement maison, parce que ça peut influencer la valeur perçue, la désirabilité, et parfois la rareté relative de certaines séries.

La nuance, encore une fois, c’est que “propriétaire” ne veut pas dire “sans risque”. Un nouveau calibre doit prouver sa robustesse, son entretien, sa disponibilité de pièces, la compétence du réseau pour intervenir. Si tu achètes une montre basée sur le V5000, tu paries un peu sur la capacité de Venezianico à suivre ce mouvement dans le temps. C’est excitant, mais ce n’est pas le même profil d’achat qu’un modèle basé sur un calibre ultra répandu.

Nereide et Redentore structurent l’offre abordable

Deux noms reviennent sans cesse quand on parle de la marque, Nereide et Redentore. Même sans entrer dans une liste de références, ces collections jouent des rôles complémentaires. Nereide représente la veine plus sportive et technique dans l’imaginaire de la marque, tandis que Redentore incarne un registre plus classique, plus habillé, plus “ville”. Cette segmentation aide à comprendre l’offre sans se perdre, surtout quand tu découvres une marque qui élargit son catalogue.

Le fil conducteur, c’est l’ancrage Venise, revendiqué dans l’inspiration, les références culturelles et l’idée de matériaux ou de détails liés à la lagune. Ce positionnement est malin, parce qu’il se distingue d’un énième discours générique sur “l’aventure” ou “la performance”. Ici, la marque vend une origine et une esthétique italienne. Pour un collectionneur, l’intérêt tient au fait que l’Italie a longtemps été un pays de design et de distribution horlogère, moins identifié comme producteur de marques mécaniques contemporaines à grande échelle.

Le mot abordable doit être manié correctement. Les sources disponibles ne donnent pas une grille de prix exhaustive modèle par modèle, donc impossible de te balancer des tarifs “exactement à X ” sans inventer. Ce qu’on peut dire factuellement, c’est que la marque s’est fait connaître sur le segment des montres mécaniques accessibles, et que sa diffusion internationale et ses volumes suggèrent un positionnement qui vise un public large. Si tu veux juger, le bon réflexe reste de vérifier le prix officiel au moment de l’achat, parce que les éditions et variations peuvent changer la donne.

Une critique que tu entendras parfois chez des passionnés, c’est la question de la personnalité du design, certains modèles peuvent rappeler des codes déjà installés dans l’horlogerie sport-chic ou diver. Ce débat existe, et il n’est pas illégitime. La réponse, pour toi, se joue sur des détails concrets, qualité de cadran, cohérence des proportions, finitions du boîtier, confort au poignet, et capacité de la marque à faire évoluer ses lignes sans tomber dans la copie. C’est souvent là que se fait la différence entre une marque “sympa” et une marque collectionnable.

Le chiffre d’affaires dépasse 15 M en 2025

Les chiffres financiers annoncés donnent une idée de la vitesse de croisière. En 2025, la marque indique un chiffre d’affaires supérieur à 15 M, avec une hausse de 35% par rapport à 2024, annoncé à 11 M, et une progression de 103% par rapport à 2023, annoncé à 7,4 M. Dans l’univers des micro-marques, ce niveau place Venezianico dans une catégorie à part, plus proche d’une PME structurée que d’un projet artisanal.

Pour un collectionneur, ces chiffres ont deux lectures. La première est rassurante, une marque qui vend et qui croît a plus de chances d’investir dans le contrôle qualité, le support client, la disponibilité de pièces, et des projets comme le V5000. La seconde lecture est plus prudente, la croissance rapide peut aussi pousser à accélérer les lancements, à multiplier les éditions, et à créer une forme de fatigue si la marque devient trop présente. Tout dépendra de la discipline éditoriale et technique.

La marque anime aussi une communauté, avec un club de collectionneurs sur Facebook où les membres échangent, suggèrent des projets et discutent directement avec l’équipe. Ce type d’écosystème est devenu central pour les micro-marques, parce qu’il remplace partiellement l’ancien réseau de boutiques et de presse papier. Pour toi, c’est un bon endroit pour repérer des retours d’expérience, des photos réelles, des avis sur le service. Il faut garder un il critique, une communauté officielle peut aussi lisser les retours négatifs.

Dernier point, la comparaison implicite avec des marques plus établies revient souvent dans les discussions, par exemple face à des plongeuses accessibles de grands groupes. La question n’est pas seulement “qui a la meilleure fiche technique”, c’est “qu’est-ce que tu veux collectionner”. Une montre de grande série apporte une stabilité et une revente souvent plus prévisible. Une Venezianico apporte une identité italienne, une trajectoire à suivre, et parfois le plaisir de porter une pièce moins vue. C’est ce mélange, ambition technique, volumes déjà sérieux, et esthétique marquée, qui explique pourquoi la marque monte dans les radars des passionnés.

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