L’Astronomia et la Bugatti prouvent aujourd’hui que Jacob & Co rivalise avec les plus grandes manufactures suisses sur des montres à plusieurs millions

L’Astronomia et la Bugatti prouvent aujourd’hui que Jacob & Co rivalise avec les plus grandes manufactures suisses sur des montres à plusieurs millions

Une montre qui se regarde plus qu’elle ne se lit, c’est le terrain de jeu de Jacob and Co. La maison fondée par Jacob Arabo s’est fait un nom en traitant la haute horlogerie comme une scène, avec des volumes, des rotations et des animations mécaniques pensées pour être vues à distance. Dans un marché où beaucoup de garde-temps se ressemblent, la marque assume l’excès, la couleur, la démonstration technique, et elle attire un public qui veut une pièce conversationnelle.

Deux familles résument cette approche: Astronomia, avec son mouvement tridimensionnel et ses satellites en orbite, et la ligne Bugatti, qui traduit l’imaginaire de l’hypercar en mécanique de poignet. Les tarifs suivent la même logique, avec des montants à six ou sept chiffres, et un positionnement où l’objet vise autant la collection que l’apparition publique, notamment chez les celebrites et les sportifs.

Jacob Arabo impose Jacob and Co par l’audace

Chez Jacob and Co, le récit est central: faire de l’impossible une réalité, selon la formule reprise par des détaillants spécialisés. Cette promesse se retrouve dans des pièces conçues comme des démonstrateurs, où la complication n’est pas seulement utile, elle est mise en scène. D’un point de vue éditorial, ça change la lecture d’une montre: on ne part pas d’un cadran, on part d’un concept, d’une architecture, d’un effet visuel, et le temps devient presque un prétexte.

Un professionnel du retail, Marc, résume souvent le phénomène avec une phrase simple: Sur Jacob, le client veut qu’on le voie avant même qu’on le comprenne. C’est une clé pour lire la marque. Le design sert à créer une signature immédiate, reconnaissable en soirée ou sur une photo. Le spectacle est donc une fonction, au même titre qu’une réserve de marche sur une montre plus classique.

La prise de risque est revendiquée, avec des complications que des horlogers suisses jugeaient impossibles au départ, selon des présentations de la marque relayées par des points de vente. Cette manière de raconter la genèse compte presque autant que le résultat final. Elle installe une idée: l’innovation n’est pas une optimisation discrète, c’est une rupture. Et c’est aussi une réponse à une époque où l’attention se gagne en secondes.

Nuance nécessaire: cette stratégie peut laisser des passionnés sur le bord de la route. Si tu cherches une montre outil lisible, discrète, centrée sur la pure mesure du temps, tu risques de trouver l’approche trop démonstrative. Le parti pris est clair, Jacob and Co ne vise pas l’unanimité. La marque préfère l’impact, quitte à polariser, et c’est cohérent avec ses prix et sa diffusion très sélective.

Astronomia Tourbillon met le mouvement en orbite

La ligne Astronomia est devenue l’emblème de cette horlogerie-spectacle. Le principe, décrit par la marque sur la page Astronomia Tourbillon, repose sur un mouvement vertical et rotatif, avec quatre satellites qui tournent autour d’un axe central. Visuellement, tu as une mini-scène en trois dimensions, où les éléments semblent flotter. Ce n’est pas un cadran plat, c’est une architecture animée, pensée pour être observée sous plusieurs angles.

Ce qui frappe, c’est l’idée de cinétique permanente. Dans l’imaginaire horloger, le tourbillon est déjà une complication iconique, souvent cachée dans un guichet. Ici, il fait partie d’un ensemble en rotation, mis au premier plan. Le message est simple: la mécanique n’est pas un secret d’atelier, elle est exposée. Pour un collectionneur, ça rapproche la montre d’une sculpture, avec une dimension presque pédagogique, on voit la complication vivre.

Sur le marché secondaire, les annonces Chrono24 donnent une idée des niveaux de prix pratiqués pour des Astronomia, même si les montants varient selon l’état, la rareté et les configurations. Une Astronomia Fleurs de Jardin est affichée à 167 950 $ (soit environ 154 500 au taux 1 $ = 0,92 ), tandis qu’une Astronomia AT110.40. AA. SD. A apparaît à 268 017 $ (environ 246 600 ). On est déjà dans des budgets où la comparaison se fait avec des grandes complications de maisons historiques.

Et ça monte vite: une référence Astronomia AT112.40. DR. UD. AGE4S est listée à 653 701 $ (environ 601 400 ). Ces chiffres ne disent pas tout, mais ils illustrent un point: Astronomia n’est pas seulement une vitrine technique, c’est un segment de très haute valeur. Pour un acheteur, cela implique aussi une question pratique, la revente et la liquidité ne se gèrent pas comme sur une montre plus mainstream.

Astronomia Solar Constellations joue la carte cosmique

Dans la galaxie Astronomia, la déclinaison Solar Constellations & Planets pousse le thème astronomique encore plus loin. L’intérêt n’est pas seulement décoratif, il structure l’identité de la pièce: constellations, planètes, vocabulaire cosmique. Chez Jacob, le storytelling est un moteur commercial, mais il est aussi un guide de design. Le résultat, c’est une montre qui assume l’illustration, là où d’autres maisons restent dans l’abstraction.

Un prix public repéré chez un détaillant américain place l’Astronomia Solar Constellations & Planets à 382 800 $ (environ 352 200 ). Sur Chrono24, une Astronomia Solar Constellations Rose Gold (AS300.40. AA. AE. A) est annoncée à 293 416 $ (environ 269 900 ). L’écart rappelle une règle simple: selon le canal, la configuration et la disponibilité, la perception de valeur change, même sur une même famille de produits.

Ce positionnement a une conséquence directe sur l’usage. On n’achète pas ce type de montre pour la porter sans y penser. C’est une pièce qui appelle un moment, une tenue, un contexte. Et c’est aussi pour ça qu’elle colle à l’écosystème des celebrites: sur un tapis rouge ou dans une loge, le spectacle mécanique devient un accessoire de narration personnelle, presque un marqueur d’identité.

Marc, qui suit ce segment depuis des années, note un détail intéressant: Le client Astronomia parle plus de la rotation que de l’heure. C’est révélateur. L’expérience est centrée sur l’animation, sur la sensation de posséder une micro-machine. Critique au passage, et elle compte: à force de privilégier l’effet, la lisibilité peut passer au second plan. Si tu veux une lecture instantanée, tu acceptes ici un compromis, parce que l’objet vise d’abord l’émerveillement.

Bugatti Tourbillon traduit l’hypercar en montre

La collection Bugatti s’appuie sur un imaginaire très codé, celui de la performance automobile et de la mécanique extrême. Sur les plateformes de vente, on voit apparaître plusieurs appellations, dont Bugatti Tourbillon et Bugatti Chiron. L’idée générale est constante: faire une montre qui évoque une machine. Dans ce registre, la complication devient l’équivalent horloger d’un moteur visible sous un capot vitré.

Un prix public repéré pour une Bugatti Tourbillon en édition limitée est de 374 000 $ chez un détaillant, soit environ 344 100 . Sur Chrono24, une annonce Bugatti Chiron Limited Edition affiche 365 000 $ (environ 335 800 ), et une autre Bugatti Tourbillon Full Set se situe à 289 589 $ (environ 266 400 ). Ces écarts sont typiques d’un marché où l’état, le set complet et la rareté pèsent lourd.

On trouve aussi des annonces Price on request, notamment sur des pièces très particulières comme une Bugatti Chiron Tourbillon Baguette Rainbow Unique Piece. Là, impossible de donner un montant sans inventer, et c’est précisément le point: l’opacité du prix fait partie du luxe. Elle crée une barrière, mais elle crée aussi un mythe. Dans les faits, ce type de mention signale souvent une négociation privée, et une cible ultra-restreinte.

Le lien à l’automobile n’est pas qu’un thème graphique. Il sert à parler à une clientèle qui collectionne déjà des voitures, ou qui se projette dans cet univers. Et ça explique la présence de ces montres dans des contenus de lifestyle, plus que dans les discussions purement horlogères. Nuance importante: l’analogie automobile peut aussi enfermer la montre dans un rôle de produit dérivé pour certains puristes, même si la mécanique reste de haut niveau.

Prix, rareté et celebrites font du spectacle une stratégie

Quand tu alignes les chiffres, tu comprends la logique économique. Chez un détaillant, une Epic X est affichée à 28 600 $ (environ 26 300 ), quand une Astronomia Solar dépasse 350 000 et qu’une Bugatti tourne autour de 266 000 à 344 000 selon les annonces observées. Et au-dessus, il existe des pièces comme la Twin Turbo Furious Sapphire Red à 1 500 000 $ (environ 1 380 000 ), qui installent un sommet de gamme spectaculaire, même si ce n’est pas le cur du sujet ici.

Cette pyramide de prix sert à créer un halo. Même si la plupart des lecteurs ne toucheront jamais une Astronomia, son existence rejaillit sur le reste de la marque. C’est un mécanisme classique du luxe, mais Jacob le pousse très loin, parce que le spectacle est immédiatement partageable. Une vidéo de rotation, une photo au poignet, et le produit circule. Pour une marque, c’est une publicité organique, surtout quand elle est portée par des celebrites.

Dans les cercles de collection, la rareté est un accélérateur, mais elle a un revers: la comparaison devient difficile. Une pièce unique, ou un modèle price on request, se juge moins sur une grille objective que sur un désir. Marc le dit sans détour: À ces niveaux, le client achète aussi une histoire, pas seulement un calibre. Et ça oblige à être lucide: la valeur perçue dépend beaucoup du contexte social, pas uniquement de la technique.

Dernier point, plus critique: cette horlogerie très visuelle peut vieillir différemment des classiques. Une montre sobre traverse les modes, une montre démonstrative les épouse. Ça ne la rend pas moins intéressante, mais ça change la manière de collectionner. Si tu achètes Jacob and Co pour le tourbillon, vérifie que tu l’aimes aussi pour son langage esthétique, parce que c’est lui qui crie le plus fort quand tu la portes.

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