Le 28 septembre 2026, Phillips a mis en vente à Londres quatre pièces uniques signées Rolex : les Cosmograph Daytona Four Seasons. Les quatre chronographes, inspirés des saisons et sertis de pierres précieuses, ont été adjugés séparément pour un total de 37,3 millions de livres sterling, intégralement reversés à la Fondation Federer et à Re:wild.
Organisée par Phillips en association avec Bacs & Russo, la vente a été dirigée par Aurel Bacs. Elle confirme le poids des pièces uniques dans les ventes caritatives haut de gamme et met en lumière l’association de la joaillerie et de l’horlogerie sur la Cosmograph Daytona.
Vente Phillips à Londres le 28 septembre 2026
La vente s’est tenue à Londres le 28 septembre 2026. Phillips a précisé qu’aucun frais acheteur ne s’appliquait : la totalité des sommes adjugées revient aux bénéficiaires. Les quatre Daytona ont été proposées une par une.
Les lots ont été proposés individuellement, chaque montre étant décrite avec ses matériaux, pierres et caractéristiques esthétiques. Le positionnement de la vente a visé les collectionneurs capables d’investir des sommes exceptionnellement élevées, en mettant l’accent sur l’unicité de chaque pièce et sur la finalité philanthropique de l’opération.
Le format sans commission acheteur, confirmé par la maison de ventes, a joué un rôle déterminant dans l’ampleur des offres. Cette absence de frais a permis une valeur nette maximale destinée à la Federer Foundation et à Re:wild, ce qui a renforcé l’attrait philanthropique de la soirée et la lisibilité des montants adjugés.
Résultat total : 37,3 millions de livres
Au total, les quatre pièces ont atteint 37,3 millions de livres, soit 49 467 260 dollars et 41 153 090 francs suisses. Au taux de change actuel, cela représente environ 43,5 millions d’euros. Phillips présente ce résultat comme le plus important ensemble de lots jamais confié à une vente caritative.
Ces chiffres placent la vente dans une catégorie rare d’opérations caritatives horlogères ayant dépassé la barre des dizaines de millions d’euros. La dynamique d’enchères et l’absence de frais acheteur expliquent en partie la fermeté des marteaux obtenus pour chaque pièce décrite ci-dessous.
L’ampleur du total a également relancé les discussions sur la valeur des montres uniques serties et leur attractivité auprès de collectionneurs institutionnels ou privés, capable d’engager des enchères à hauteur de plusieurs millions par lot.
Summer, en or Everose et cadran turquoise : 10,3 millions de livres
La montre Summer est en or Everose 18 carats, avec un cadran turquoise, des compteurs en rubis et une lunette de saphirs roses. Elle a été adjugée 10,3 millions de livres, le plus haut prix individuel de la vente.
Les descriptions indiquent un travail joaillier poussé sur la lunette et les éléments du boîtier, la montre intégrant des pierres soigneusement graduées pour conserver une homogénéité chromatique et gemmologique. La pièce illustre la capacité de Rolex à collaborer avec des métiers de la joaillerie sur des séries uniques.
L’adjudication de 10,3 millions de livres correspond à environ 13,65 millions de dollars, le plus haut prix des quatre. Un montant considérable pour une Daytona contemporaine, qui reflète l’unicité de la pièce.
La Summer, par son choix de turquoises et de rubis, répond à une esthétique saisonnière parfaitement assumée, où la couleur du cadran dialogue avec les compteurs. La montre sert d’exemple pour les discussions sur la valeur ajoutée par le joaillier sur des références traditionnelles.
L’impact de cette vente sur les catalogues d’inventaire et sur les discours des maisons horlogères montre que des éditions uniques, adossées à un objectif philanthropique clair, peuvent atteindre des niveaux de prix proches des records pour des modèles contemporains.
Autumn, en or jaune et cadran en mookaïte : 10,2 millions de livres
La pièce Autumn a été réalisée en or jaune 18 carats, avec un cadran en mookaïte et des compteurs en chrysoprase. La lunette est sertie de 36 tourmalines vertes taille trapèze, pour environ 4,32 carats. Comme les trois autres, elle porte 54 diamants taille brillant sur les cornes et le protège-couronne.
Les quatre montres sont animées par le calibre 4131, chronographe automatique développé et fabriqué par Rolex, avec une réserve de marche d’environ 72 heures et la certification Chronomètre Superlatif.
Adjugée 10,2 millions de livres, soit environ 13,52 millions de dollars, l’Autumn arrive juste derrière la Summer. Ce résultat montre l’attrait des cadrans en pierres naturelles et du sertissage appliqué à une référence aussi célèbre.
Le choix de mookaïte et de chrysoprase confère à la montre une identité précise liée à la saison automnale, avec des verts et des ocres soutenus par la chaleur de l’or jaune. Ces combinaisons de matériaux naturels expliquent en partie la nervosité des enchères.
Techniquement, la présence du calibre 4131, reconnu pour sa roue à colonnes et son embrayage vertical, confère à l’Autumn une crédibilité mécanique qui complète son propos esthétique, renforçant l’intérêt des collectionneurs sensibles à la fois aux composants horlogers et joailliers.
Winter en platine et Spring en or blanc : 10 et 6,8 millions de livres
La Winter est en platine 950, avec un cadran en opale bleue, des compteurs en lapis-lazuli et une lunette sertie de saphirs dégradés du bleu au fuchsia. Elle a été adjugée 10 millions de livres.
La Spring, en or blanc 18 carats, affiche un cadran en chrysoprase, des compteurs en lépidolite et une lunette de saphirs violets. Elle a été adjugée 6,8 millions de livres, le prix le plus bas des quatre, mais un montant très élevé pour une pièce contemporaine.
En dollars, la Winter correspond à environ 13,25 millions et la Spring à environ 9,01 millions. Les deux lots illustrent deux approches différentes du thème saisonnier.
Les choix de matériaux montrent une recherche chromatique forte : la Winter joue sur des tons froids et des gemmes aux nuances vives, la Spring privilégie des verts et des violets plus doux. Chacune des quatre lunettes compte 36 pierres taille trapèze.
Retombées caritatives : Fondation Federer, Re:wild et comparaison avec la Grandmaster Chime
Phillips a confirmé que la totalité des fonds serait reversée à la Federer Foundation et à Re:wild, organisations respectivement actives dans l’éducation en Afrique australe et en Suisse et dans la protection des écosystèmes. L’opération s’inscrit dans le cadre de l’initiative Perpetual Planet associée à Rolex.
Selon les chiffres publiés après la vente, le total de 41 153 090 francs suisses dépasse de plus de 10 millions de francs le prix de la Patek Philippe Grandmaster Chime 6300A, vendue 31 millions de francs suisses lors de la vente caritative Only Watch de 2019 et longtemps considérée comme la montre la plus chère jamais adjugée.
L’absence de frais acheteur garantit que chaque livre adjugée finance directement les projets soutenus : l’éducation de la petite enfance en Afrique australe et en Suisse pour la Fondation Federer, la protection et la restauration des écosystèmes pour Re:wild, cofondée par Leonardo DiCaprio.
D’un point de vue de marché, la vente réaffirme la capacité des partenariats marques-maisons de ventes à mobiliser des fonds significatifs via des éditions uniques. Le cas Rolex/Phillips constitue désormais un précédent sur la valeur qu’une marque peut générer pour des causes publiques par l’entremise d’objets d’exception.
Les enjeux futurs porteront sur la manière dont l’industrie horlogère reproduira ou adaptera de tels modèles caritatifs sans diluer la valeur des pièces uniques. L’opération offre un référentiel clef pour les acteurs souhaitant combiner prestige, philanthropie et transparence financière.
Sources
