Un tourbillon volant automatique de 3,85 mm d’épaisseur, logé dans une montre de 8,9 mm, avec une étanchéité annoncée à 10 atm. Sur le papier, la Bianchet Rotondo UltraFino coche déjà des cases rarement réunies dans la catégorie des ultra-plats.
La nouveauté 2026, c’est l’arrivée d’une exécution en or rose 18 carats, boîtier et bracelet intégrés, qui fait basculer le modèle du registre “technique léger” vers une proposition plus joaillière, plus dense au poignet, et forcément plus exposée à la comparaison avec les grands noms. Le tarif est communiqué à 119 500 CHF hors taxes sur bracelet or, soit environ 109 940 au taux indicatif 1 CHF 0,92.
Bianchet passe du carbone à l’or rose 18k
Jusqu’ici, la ligne Rotondo UltraFino s’était surtout faite remarquer en titane et en carbone, des matériaux cohérents avec une montre ajourée, sportive et pensée pour rester portable au quotidien. Le passage à l’or rose 18k change la lecture immédiate de l’objet, parce qu’on ne parle plus seulement de performances mécaniques, mais de présence, de valeur matière et de finition de surfaces à grande échelle.
La fiche technique met en avant un boîtier de 39,5 mm pour 8,9 mm d’épaisseur, avec un bracelet intégré en 18k 5N. Ce couple dimensions, métal précieux, bracelet intégré, place la montre sur un segment où les attentes sont élevées, notamment sur l’ergonomie des premiers maillons, la qualité des arêtes et la netteté des transitions. Sur une pièce ultra-plate, la moindre approximation se voit, parce que tout est proche de la lumière.
Le contraste esthétique est assumé, une lunette et des arêtes “propres” qui encadrent un mouvement très ouvert. Dans cette version, la chaleur de l’or rose vient adoucir le côté “instrument” des premières exécutions, sans effacer la structure squelettée. C’est un équilibre délicat, parce qu’un squelette peut vite devenir décoratif, mais ici l’ouverture sert aussi à raconter l’architecture du calibre et la place du régulateur.
Point pratique, la marque annonce un système de bracelets interchangeables avec un second bracelet en caoutchouc vulcanisé, plus une boucle déployante en titane. C’est pertinent sur une montre en or, parce que ça permet de calmer le poids au poignet et de limiter l’exposition du bracelet aux chocs du quotidien. Mais il y a une nuance, sur une pièce à plus de 100 000, certains collectionneurs attendent une cohérence totale des métaux, et une boucle titane peut faire tiquer, même si la décision peut se défendre pour la légèreté.
Le calibre UR01 affiche 3,85 mm et 225 composants
Le cur du sujet, c’est le calibre UR01, annoncé comme un mouvement maison à remontage automatique, avec tourbillon volant de 60 secondes. Son épaisseur de 3,85 mm est le chiffre qui donne le ton, parce qu’il conditionne tout le projet, du dessin du boîtier à la rigidité des ponts, en passant par la gestion du rotor et la transmission d’énergie.
Les données communiquées sont précises, 225 composants, 29 rubis, fréquence de 3 Hz soit 21 600 alternances/heure, et une réserve de marche annoncée à 60 heures avec une tolérance indiquée de +/-5%. Dans un univers où certains ultra-plats sacrifient l’autonomie, 60 heures, c’est un niveau confortable pour une rotation de week-end, surtout si tu alternes plusieurs pièces.
La construction met l’accent sur des éléments en titane grade 5, platine et ponts, cage de tourbillon, et même un barillet à ressort principal suspendu en titane. Le choix du titane dans le mouvement est logique, il aide sur le poids, mais surtout sur la rigidité et la stabilité dimensionnelle à faible épaisseur. À ce niveau de finesse, le moindre jeu, la moindre flexion, se paie en rendement ou en tenue de marche.
Le rotor est annoncé en or rose 18k, et la marque insiste sur une architecture de remontage et de mise à l’heure “sur mesure” pour réduire les frictions et améliorer le ressenti. C’est typiquement le genre de détail qu’on ne peut pas vérifier en photo, mais qu’on ressent immédiatement à la couronne, l’attaque, la progressivité, le bruit mécanique. Là où je garde une réserve, c’est que l’ultra-plat et le squelette peuvent parfois donner une sensation plus “sèche” à la manipulation, et il faudra juger sur pièce.
Le tourbillon volant vise 5 000 g de résistance aux chocs
Un tourbillon et une montre ultra-plate évoquent souvent une pièce fragile, à sortir avec précaution. Ici, la marque communique une résistance aux chocs revendiquée de 5 000 g, ce qui est un message clair, la Rotondo UltraFino est pensée pour être portée, pas seulement admirée sous vitrine. Sur le terrain, ce type de chiffre reste une revendication de protocole interne, mais il donne une direction.
Le tourbillon est dit “volant”, donc sans pont supérieur, ce qui libère la vue et renforce l’effet de flottement. Techniquement, ça impose une maîtrise de l’axe et des points d’appui, surtout quand on veut de la robustesse. Le mouvement annonce aussi des solutions d’absorption des chocs à plusieurs niveaux pour protéger les composants sensibles, un point rarement mis en avant sur les tourbillons ultra-plats, souvent orientés habillage.
Autre élément intéressant, la marque mentionne un barillet suspendu et une organisation de la transmission pensée pour stabiliser le flux d’énergie. Dans un calibre squeletté, la tentation est de “faire joli” en ajourant au maximum, mais la stabilité chronométrique dépend aussi de ponts suffisamment rigides et d’un train de rouages bien tenu. Le discours technique va dans le bon sens, il relie esthétique et contraintes mécaniques.
Le résultat attendu, c’est une montre qui ne te force pas à choisir entre finesse et usage. Dans la vraie vie, la question est simple, est-ce que tu oses la porter au quotidien, dans les transports, au bureau, en voyage. L’étanchéité annoncée à 10 atm, soit 100 mètres, va aussi dans ce sens, même si personne ne devrait considérer un tourbillon squeletté en or comme une toolwatch. Disons que ça enlève un stress inutile sur la pluie ou un lavage de mains.
Boîtier 39,5 mm et 8,9 mm, l’équilibre au poignet
Sur une montre ronde, 39,5 mm est un diamètre qui parle à beaucoup de poignets, parce qu’il reste moderne sans tomber dans l’oversize. Avec 8,9 mm d’épaisseur, la promesse est celle d’une glisse sous manche, et d’un confort immédiat. L’ultra-plat, quand il est bien fait, ce n’est pas seulement une donnée, c’est une sensation, la montre se “colle” au poignet et disparaît.
Le bracelet intégré en or rose est l’autre variable majeure. Sur le papier, il suit les courbes du boîtier et prolonge la ligne sans rupture. C’est typiquement le genre de construction où l’ergonomie des premiers maillons décide de tout, si ça casse trop vite, ça flotte, si c’est trop rigide, ça pince. Le fait d’avoir un bracelet caoutchouc alternatif, avec système de changement rapide, donne une solution concrète selon la saison et l’usage.
Le design squeletté impose aussi une lecture différente de l’heure. La montre n’affiche que les fonctions heures et minutes, ce qui est cohérent, parce que le tourbillon apporte déjà l’animation. Mais il faut accepter qu’un squelette, surtout en lumière faible, demande parfois une seconde d’attention de plus qu’un cadran plein. C’est une nuance importante, parce que la “portabilité” ne se limite pas à l’épaisseur, elle inclut la lisibilité.
Autre point, l’or rose renvoie la lumière différemment du titane. Sur des arêtes vives et une lunette nette, la moindre micro-rayure se voit plus vite. C’est le jeu, le métal précieux vit, se patine, marque l’usage. Si tu es du genre maniaque, le caoutchouc et une rotation plus prudente limiteront les marques. Si tu aimes la patine, cette version est presque plus honnête, elle assume que la montre accompagne une vie.
Prix 119 500 CHF, la Rotondo UltraFino face aux indépendants
Le prix public communiqué pour la version or rose sur bracelet or est de 119 500 CHF hors taxes, soit environ 109 940 . Il existe aussi une proposition sur bracelet caoutchouc, mais le chiffre mis en avant pour cette déclinaison est celui du bracelet or. Pour situer, les versions précédentes en titane et carbone étaient annoncées à 62 500 CHF et 67 500 CHF hors taxes, soit environ 57 500 et 62 100 .
Le delta s’explique en grande partie par la matière, boîtier et bracelet en or, et par la perception de luxe associée. Mais la comparaison se fait aussi sur la légitimité horlogère, et là, Bianchet avance des arguments concrets, mouvement maison, assemblé et terminé à La Chaux-de-Fonds, avec un temps de finition annoncé de 30 heures rien que pour l’anglage. Ce n’est pas une preuve absolue, mais c’est une donnée qui permet de discuter.
La marque ajoute une garantie de 5 ans et une certification d’authenticité enregistrée sur la blockchain Polygon. Sur le plan collection, c’est un marqueur de modernité, et ça peut aider à la traçabilité. Mais soyons clairs, dans la haute horlogerie, l’intérêt réel dépendra de la pérennité des accès et de la facilité de transfert. Si c’est fluide, c’est un plus, si c’est lourd, ça devient un gadget, l’intention ne suffit pas.
Ce positionnement à environ 110 000 place la Rotondo UltraFino dans une zone où les acheteurs regardent aussi la profondeur de gamme, l’historique, la valeur de revente, et la capacité de service sur le long terme. L’exécution technique du calibre UR01 est un argument solide, mais l’ultra-plat en or est un terrain impitoyable, les finitions externes et la cohérence d’ensemble doivent être au niveau des attentes. Si tu cherches une pièce différente des géants, avec un tourbillon volant ultra-fin et une vraie identité, cette version en or rose a des cartes, à condition d’accepter le pari d’une maison encore jeune.
