Zenith ajoute un nouveau chapitre à la relance du Calibre 135, mouvement de chronométrie de concours emblématique des années 1950, avec une édition co-signée réalisée avec Naoya Hida & Co..
Cette montre, annoncée comme la première sortie du programme Double Signed Program de la manufacture, est limitée à 10 pièces et reprend la base de la ligne G. F. J. introduite pour les 160 ans de la marque.
Zenith lance le Double Signed Program avec Naoya Hida & Co.
Le principe est simple, faire dialoguer l’ADN d’une grande manufacture suisse avec l’écriture d’un indépendant reconnu, tout en assumant une signature partagée sur le cadran. Pour Zenith, ce lancement marque une inflexion, la maison du Locle ne se contente plus de rééditer un mouvement historique, elle encadre aussi des collaborations contemporaines sous un label identifié, le Double Signed Program. Dans le paysage horloger actuel, où les partenariats se multiplient, l’intérêt se joue souvent sur la cohérence et sur la capacité à produire autre chose qu’un changement de couleur ou de bracelet.
Le choix de Naoya Hida & Co. n’est pas anodin. La marque japonaise s’est fait connaître par une approche disciplinée, inspirée du milieu du XXe siècle, avec des cadrans très construits, des typographies gravées et une recherche de proportions qui privilégie la lisibilité. Cette grammaire, déjà identifiable sur ses propres références, se transpose ici sur une base G. F. J., collection récente chez Zenith, tout en restant compatible avec l’héritage d’un calibre de concours.
Sur le plan industriel, la co-signature implique aussi une répartition des rôles. Les informations disponibles insistent sur un cadran hand-crafted et sur un travail de conception partiellement porté par Naoya Hida, tandis que l’architecture générale de la montre reste ancrée dans le gabarit G. F. J. Le résultat vise une crédibilité des deux côtés, une manufacture qui évite l’exercice purement cosmétique, un indépendant qui n’est pas réduit à un simple apport graphique.
La limitation à 10 exemplaires positionne immédiatement l’objet dans une logique de rareté extrême, plus proche de l’horlogerie de collection que d’une série limitée classique. Ce volume restreint limite la portée commerciale directe, mais renforce l’effet vitrine du programme, en particulier auprès d’un public sensible aux signatures et à la traçabilité créative. Le message envoyé au marché est clair, Zenith veut inscrire la G. F. J. dans un registre haut de gamme où l’histoire, la technique et la culture de design peuvent se croiser.

Le boîtier en platine 39,15 mm reprend l’architecture G. F. J.
Cette édition conserve le format introduit par la G. F. J., avec un boîtier en platine annoncé à 39,15 mm de diamètre. Les chiffres communiqués mentionnent aussi 10,5 mm d’épaisseur et 45,75 mm de corne à corne, des dimensions qui situent la montre dans une catégorie habillée, mais avec une présence suffisante pour valoriser la matière et le cadran. Le platine, plus dense et plus coûteux que l’or, contribue à l’argument de prestige, tout en restant cohérent avec une pièce de collection produite à dix unités.
Ce gabarit vise généralement un équilibre, offrir une lecture confortable sans basculer dans l’ostentation. Dans un marché où les montres habillées reviennent en force, souvent entre 37 et 40 mm, Zenith s’inscrit dans une zone consensuelle. Le choix du platine, lui, est moins consensuel, car il implique un prix élevé et des contraintes de production, notamment sur le polissage et sur la gestion des arêtes. Pour une édition doublement signée, cette matière peut aussi être lue comme une façon de sanctuariser la collaboration.
La collection G. F. J., lancée dans le sillage de l’anniversaire des 160 ans, a servi de cadre à la relance du Calibre 135 dans une interprétation moderne. Cette collaboration se place dans cette continuité, sans changer l’architecture fondamentale. C’est un point important pour les collectionneurs, la montre ne cherche pas à réinventer la silhouette à chaque déclinaison, elle capitalise sur une base stable et laisse le travail d’identité se concentrer sur le cadran et sur les détails.
Le positionnement habillé de prestige se lit aussi dans les choix d’ensemble, proportions, finesse, matériau, et une approche qui privilégie la sobriété plutôt que la démonstration. Dans une collaboration, ce cadre réduit le risque de dissonance esthétique. Il donne aussi une grille de lecture simple, la G. F. J. sert de toile, Naoya Hida & Co. intervient comme auteur visuel, tandis que Zenith conserve le socle technique et l’héritage du calibre. Pour une série aussi courte, cette clarté est souvent un facteur de désirabilité.
Le cadran en argent massif adopte des chiffres gravés et des accents bleus
La transformation la plus visible se joue sur le cadran. Les sources évoquent un cadran en argent massif, associé à des chiffres gravés et à des accents bleus, éléments caractéristiques du langage de Naoya Hida & Co. Cette approche privilégie la matière et la profondeur plutôt que l’effet de surface. Un cadran en argent massif, selon la finition, peut offrir une lumière plus douce qu’un simple traitement galvanique, avec des variations qui deviennent perceptibles selon l’angle et l’éclairage.
La gravure des chiffres n’est pas un détail décoratif anodin. Elle renvoie à une tradition où la typographie fait partie de l’identité horlogère au même titre que le boîtier ou le mouvement. Dans l’univers Hida, la typographie est souvent pensée comme un objet, avec des pleins et des déliés, une densité, un espacement, et une hiérarchie visuelle stricte. Transposée sur une Zenith, cette rigueur peut créer un contraste intéressant, une manufacture historiquement associée à la précision et à la compétition chronométrique, habillée d’une sobriété japonaise contemporaine.
Les accents bleus, mentionnés dans les descriptions, servent de ponctuation. Ils peuvent concerner des aiguilles, des marquages ou des éléments de minuterie, et contribuent à structurer la lecture sans rompre l’équilibre. Dans une montre habillée, la couleur doit rester mesurée, car elle attire l’il plus vite que le relief. Utilisée avec parcimonie, elle devient un code, un repère d’auteur. C’est aussi un choix cohérent avec l’imaginaire mid-century revendiqué, où le bleu était souvent employé pour distinguer une échelle ou une fonction.
Le cadran est aussi l’endroit où la co-signature prend tout son sens. L’idée d’une montre double signed repose sur une visibilité immédiate, pas uniquement sur un communiqué ou un fond de boîte. Pour certains collectionneurs, la co-signature est une valeur culturelle, elle raconte un dialogue entre deux mondes et fixe un moment dans le temps. Pour d’autres, elle peut poser la question de la hiérarchie des marques. Ici, la rareté, 10 pièces, et la cohérence esthétique semblent pensées pour limiter ce débat et privilégier la lecture d’une pièce conçue comme un objet complet.

Le Calibre 135, mouvement le plus primé des concours, reste l’argument central
Le cur du projet reste le Calibre 135. Zenith l’a remis en avant dans le cadre de ses 160 ans et l’associe à une narration centrée sur la chronométrie. Dans l’histoire de la marque, ce calibre est lié aux concours d’observatoire des années 1950, période où la précision se jouait dans des compétitions techniques, avec des réglages poussés et des exigences de stabilité. Cette mémoire continue de nourrir la valeur perçue du mouvement, même quand il est intégré dans une montre contemporaine.
Dans le contexte actuel, l’argument chronométrique n’est plus seulement une question de performance mesurée, il devient une question de légitimité. De nombreuses montres haut de gamme revendiquent une précision élevée, mais peu peuvent s’appuyer sur un palmarès historique de concours. C’est là que le Calibre 135 conserve un avantage narratif. Pour Zenith, le mouvement sert de colonne vertébrale à la collection G. F. J., et la collaboration avec Naoya Hida vient habiller cette colonne, pas la remplacer.
Ce choix est aussi une manière de hiérarchiser les raisons d’achat. Le collectionneur intéressé par le design de Naoya Hida & Co. retrouve ses codes, gravure, sobriété, proportion, tout en accédant à un mouvement dont l’aura dépasse le cercle des indépendants japonais. À l’inverse, l’amateur de Zenith, attiré par la relance du Calibre 135, peut découvrir une interprétation plus minimaliste que certaines éditions commémoratives. La co-signature devient un pont, pas un gadget.
La production limitée à 10 exemplaires réduit la possibilité d’évaluer l’impact à grande échelle, mais elle renforce l’idée d’une pièce manifeste. Dans une industrie où les collaborations servent souvent à créer de l’attention, Zenith semble chercher une forme de validation culturelle, en s’associant à une maison respectée pour son exigence. La question qui suivra logiquement est celle des prochains partenaires du Double Signed Program, et du degré d’intervention accordé à chacun, car c’est ce niveau d’exigence qui déterminera la crédibilité du programme sur la durée.
Sources
- Zenith’s Calibre 135 Gets The Naoya Hida & Co. Treatment – Revolution Watch
- Zenith G.F.J. Calibre 135 Double Signed With Naoya Hida & Co.
- Zenith G.F.J. Calibre 135 Double Signed with Naoya Hida & Co.
- Zenith and Naoya Hida Unite for a Remarkable Interpretation of the …
- The Double-Signed Zenith G.F.J. Calibre 135 with Naoya Hida & Co.
